Frise chronologique
1722
Début de la construction
Début de la construction
1722 (≈ 1722)
Commandé par le prince de Tingry à Jean Courtonne.
1723
Vente à Jacques III Goyon
Vente à Jacques III Goyon
1723 (≈ 1723)
Achèvement des travaux sous Antoine Mazin.
1793
Séquestre révolutionnaire
Séquestre révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Arrestation du prince Honoré III de Monaco.
1807
Acquisition par Talleyrand
Acquisition par Talleyrand
1807 (≈ 1807)
Réceptions diplomatiques sous l’Empire.
1922
Achat par l’État français
Achat par l’État français
1922 (≈ 1922)
Devenu siège des tribunaux arbitraux.
1923
Classement monument historique
Classement monument historique
1923 (≈ 1923)
Protection de l’hôtel et son parc.
1935
Résidence du Premier ministre
Résidence du Premier ministre
1935 (≈ 1935)
Première installation par Pierre-Étienne Flandin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Christian Louis de Montmorency-Luxembourg - Prince de Tingry |
Commanditaire initial en 1722. |
| Jacques III Goyon de Matignon - Propriétaire aristocrate |
Acheteur et finalisateur des travaux en 1723. |
| Talleyrand - Diplomate et propriétaire |
Organisateur de fêtes sous l’Empire en 1807. |
| Félix Duban - Architecte |
Rénovation pour le duc de Galliera en 1852. |
| Maria Brignole Sale De Ferrari - Duchesse de Galliera |
Dernière propriétaire privée avant 1922. |
| Pierre-Étienne Flandin - Premier ministre |
Premier occupant officiel en 1935. |
Origine et histoire
L’hôtel de Matignon est un hôtel particulier parisien construit en 1722 à la demande de Christian Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, sur des plans de l’architecte Jean Courtonne. Situé rue de Varenne dans le 7e arrondissement, le chantier, plus coûteux que prévu, est cédé en 1723 à Jacques III Goyon de Matignon, qui achève les travaux en 1724 sous la direction d’Antoine Mazin. Le nom « Matignon » rend hommage à la commune bretonne d’origine de cette famille aristocratique.
L’hôtel passe entre les mains de plusieurs propriétaires prestigieux, dont les princes de Monaco (via le mariage de Jacques IV Goyon avec Louise-Hippolyte Grimaldi) jusqu’en 1793. Sous la Révolution, il est séquestré après l’arrestation d’Honoré III de Monaco, puis vendu en 1804 à l’homme d’affaires britannique Quentin Craufurd. En 1807, Talleyrand l’acquiert et y organise des réceptions fastueuses avant de le revendre à Napoléon Ier en 1811.
Au XIXe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains : loué à des religieux ou à des particuliers comme le colonel américain Herman Thorn, il est remanié par Félix Duban pour le duc de Galliera en 1852. Après la mort de la duchesse de Galliera en 1886, il devient brièvement ambassade d’Autriche-Hongrie avant d’être acheté par l’État français en 1922. Depuis 1935, il abrite officiellement le Premier ministre et ses services, avec un parc de trois hectares dessiné en 1902 par Achille Duchêne.
Classé monument historique en 1923, l’hôtel de Matignon symbolise le pouvoir exécutif français. Son parc, ouvert exceptionnellement au public, compte une centaine d’espèces végétales et une tradition : chaque Premier ministre (sauf Jacques Chirac) y plante un arbre. Le pavillon de musique du XVIIIe siècle accueille encore des réunions officielles.
L’accès au parc, autrefois possible un samedi par mois, est aujourd’hui restreint aux Journées du patrimoine et aux Rendez-vous aux Jardins en juin. Le site reste un lieu de travail protégé, où se mêlent histoire aristocratique et fonction républicaine.