Frise chronologique
1260
Loti initial du périmètre
Loti initial du périmètre
1260 (≈ 1260)
Début du lotissement du quartier.
XIVe siècle
Résidence du panetier de Philippe le Bel
Résidence du panetier de Philippe le Bel
XIVe siècle (≈ 1450)
Première fonction connue de l’hôtel.
1586
Achat par Jacques Faye d'Espesse
Achat par Jacques Faye d'Espesse
1586 (≈ 1586)
Rachat au duc de Montpensier.
1643
Réaménagement par François-Théodore de Nesmond
Réaménagement par François-Théodore de Nesmond
1643 (≈ 1643)
Donne son aspect actuel.
1696
Gravure du nom sur le fronton
Gravure du nom sur le fronton
1696 (≈ 1696)
Initiative de la bru de Nesmond.
23 octobre 1962
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
23 octobre 1962 (≈ 1962)
Protection partielle de l’hôtel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte d'entrée ; façades et toitures des bâtiments entourant la cour : inscription par arrêté du 23 octobre 1962
Personnages clés
| Philippe le Bel - Roi de France |
Panetier résidant dans l’hôtel. |
| Jacques Faye d'Espesse - Propriétaire en 1586 |
Acheteur auprès du duc de Montpensier. |
| François-Théodore de Nesmond - Président du parlement de Paris |
Réaménage l’hôtel en 1643. |
| Bru de Monsieur de Nesmond - Fille de Madame de Miramion |
Fait graver son nom en 1696. |
| Michel Blondy - Maître de danse |
Réside dans l’hôtel au XVIIIe. |
Origine et histoire
L’hôtel de Nesmond est un hôtel particulier parisien dont les origines remontent au lotissement du quartier vers 1260. À l’origine, il servit de résidence au panetier de Philippe le Bel au XIVe siècle, puis devint la propriété du duc de Bar. Ce site historique, situé au 55-57 quai de la Tournelle, illustre l’évolution architecturale et sociale de Paris, passant des fonctions médiévales à un symbole de prestige aristocratique.
En 1586, Jacques Faye d'Espesse acquiert l’hôtel du duc de Montpensier, François de Bourbon. Le bâtiment prend son aspect actuel en 1643, lorsque François-Théodore de Nesmond, président du parlement de Paris, entreprend un réaménagement complet. Une anecdote célèbre, rapportée par Saint-Simon, raconte que la bru de Nesmond, fille de Madame de Miramion, fit graver son nom sur le fronton en 1696, lançant une mode parmi l’aristocratie parisienne. Ce geste reflétait l’ambition de se voir reconnaître un statut seigneurial, le terme « hôtel » étant alors réservé aux grandes demeures nobles.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel abrite Michel Blondy, maître de danse renommé, avant de devenir, au XIXe siècle, le siège d’une distillerie d’absinthe. Cette diversité d’usages témoigne des transformations économiques et culturelles de Paris. En 1962, la porte d’entrée, les façades et les toitures sont partiellement inscrites aux monuments historiques, préservant ainsi un patrimoine architectural mêlant éléments des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le côté donnant sur la rue des Bernardins conserve notamment une galerie étroite à plafond bas, caractéristique des constructions anciennes.
L’hôtel de Nesmond incarne ainsi plusieurs siècles d’histoire parisienne, depuis ses fonctions médiévales jusqu’à son rôle dans la vie mondaine et économique de la capitale. Son inscription au titre des monuments historiques souligne son importance patrimoniale, tout en rappelant les stratégies sociales et les évolutions urbaines qui ont marqué le 5e arrondissement.