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Hôtel de Noirmoutier à Paris

Patrimoine classé Hotel particulier classé

Hôtel de Noirmoutier à Paris

    138 Rue de Grenelle
    75007 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1670–1683
Spéculation immobilière
1688
Location au comte de Comminges
1721–1724
Construction de l’hôtel actuel
1733
Décès du duc de Noirmoutier
1795
Bien national
1970
Résidence du préfet de Paris
1996
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Antoine François de La Trémoille - Duc de Noirmoutier Commanditaire et concepteur aveugle de l’hôtel.
Jean Courtonne - Architecte A conçu l’hôtel entre 1721 et 1724.
Mademoiselle de Sens - Propriétaire (1734–1765) Agrandit la propriété et renomme l’hôtel.
Prince de Condé - Héritier en 1765 Loua l’hôtel à des ambassadeurs étrangers.
Maréchal Foch - Résident (1919–1929) Y vécut jusqu’à sa mort.
Claude Mollet - Ancien propriétaire (XVIIe s.) Dessinateur des jardins royaux, premier constructeur.

Origine et histoire

L’hôtel de Noirmoutier, aussi appelé hôtel de Sens, est un hôtel particulier du XVIIIe siècle situé au 138 rue de Grenelle, dans le faubourg Saint-Germain à Paris. Construit entre 1721 et 1724 par l’architecte Jean Courtonne pour Antoine François de La Trémoille, duc de Noirmoutier, il se distingue par son histoire liée à l’aristocratie et son architecture raffinée. Le duc, bien qu’aveugle, supervisa personnellement les plans, choisissant même les matériaux et les tissus par le toucher, un fait souligné par Saint-Simon.

À l’origine, le terrain appartenait à Claude Mollet, dessinateur des jardins royaux, qui y érigea un premier hôtel loué au comte de Comminges en 1688. Après des ventes successives, le terrain rue de Grenelle fut acquis en 1720 par le duc de Noirmoutier, qui y fit construire l’hôtel actuel. Les pierres proviennent de carrières locales : Vaugirard pour les fondations, Arcueil pour le rez-de-chaussée, et Saint-Leu pour les façades. Le coût total, estimé à 30 439 livres, fut réglé en 1722.

Après la mort du duc en 1733, l’hôtel passa à sa nièce, la marquise de Matignon, qui le revendit dès 1734 à Mademoiselle de Sens. Cette dernière agrandit la propriété et fit rénover les intérieurs, donnant à l’hôtel son second nom, hôtel de Sens. À sa mort en 1765, le neveu du duc, le prince de Condé, en hérita. L’hôtel abritera ensuite des ambassadeurs étrangers, comme le marquis de Castromonte (1768) ou le comte de Fuentès (1770), avant de devenir un bien national sous la Révolution.

Confisqué en 1795, l’hôtel fut vendu à des particuliers, dont un marchand de vin et une négociante de Gand, avant d’être racheté par l’État en 1814. Il abritera successivement les gardes du comte d’Artois, l’École d’application d’État-Major (1825–1877), puis le maréchal Foch de 1919 à 1929. En 1970, il devint la résidence du préfet de Paris et d’Île-de-France. Classé monument historique en 1996, il conserve des éléments architecturaux du XVIIIe siècle, malgré des modifications comme la surélévation des ailes en 1853.

L’hôtel illustre les mutations du faubourg Saint-Germain, passé d’un quartier de spéculation immobilière au XVIIe siècle à un lieu de pouvoir administratif. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques français, de l’Ancien Régime à la Ve République, en passant par la Révolution et les deux Empires. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine parisien, mêlant héritage aristocratique et fonction publique.

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