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Hôtel de Parabère à Paris

Patrimoine classé Hotel particulier classé

Hôtel de Parabère à Paris

    20 Place Vendôme
    75001 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1703-1705
Construction de l'hôtel
1717
Acquisition par la marquise de Parabère
1780-1785
Location au duc de Fitz-James
1791
Siège de la Compagnie des Indes
1907-1908
Construction du bâtiment Louis XVI
1927 et 1930
Protection monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Nicolas-Jérôme Herlaut - Premier propriétaire et commanditaire Fait construire l’hôtel en 1703-1705.
Germain Boffrand - Architecte de l’hôtel Conçoit le bâtiment pour Herlaut.
Madeleine de La Vieuville (marquise de Parabère) - Propriétaire et maîtresse du Régent Acquiert l’hôtel en 1717.
Jacques-Charles de Fitz-James - Locataire de 1780 à 1785 Duc ayant occupé les lieux.
Gustave Lebaudy - Industriel et propriétaire Décède dans l’hôtel en 1889.
René Sergent - Architecte du bâtiment Louis XVI Conçoit l’extension en 1907-1908.

Origine et histoire

L’hôtel de Parabère, aussi appelé hôtel Fitz-James, est un ancien hôtel particulier situé au no 20 de la place Vendôme, dans le 1er arrondissement de Paris. Construit entre 1703 et 1705 par l’architecte Germain Boffrand pour Nicolas-Jérôme Herlaut, il est l’un des premiers édifices érigés sur la place Louis-Le-Grand (actuelle place Vendôme). Cet hôtel est emblématique de l’architecture parisienne du début du XVIIIe siècle, avec une histoire marquée par des propriétaires influents et des usages variés.

À sa mort en 1716, Nicolas-Jérôme Herlaut lègue l’hôtel à Élisabeth-Thérèse Le Rebours, épouse de son protecteur, le ministre Michel Chamillart. Cependant, en 1717, l’hôtel est cédé à la marquise Madeleine de La Vieuville, veuve de César-Alexandre de Baudéan-Parabère et maîtresse du Régent. Bien que le testament suggère un don, un inventaire ultérieur révèle que la marquise a en réalité payé 126 000 livres pour cette acquisition. L’hôtel est ensuite loué à divers personnages, dont Charles de Nocé en 1720.

Au XVIIIe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains et d’usage. En 1764, il est acquis par Élisabeth de Ligniville, veuve Corday de La Garde, qui le loue au duc Jacques-Charles de Fitz-James entre 1780 et 1785. Il abrite également la banque Pache & Cie (1788-1789), le comité de l’Assemblée constituante en 1790, puis le siège de la Compagnie française des Indes orientales à partir de 1791. Ces occupations reflètent son importance dans la vie politique et économique de l’époque.

Au XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains de plusieurs propriétaires notables. En 1805, Jean-Baptiste Joseph Boscary de Villeplaine l’acquiert et le loue plus tard au duc de Lévis. Après la mort du baron de Villeplaine en 1827, sa veuve y réside jusqu’en 1850. L’hôtel est ensuite acheté par Louis Martin Lebeuf, régent de la Banque de France, puis par l’industriel Gustave Lebaudy, qui y décède en 1889. Son fils hérite du bien et y fait retirer un bas-relief attribué à Clodion en 1905.

En 1907-1908, l’architecte René Sergent construit un bâtiment de style Louis XVI en fond de cour pour les frères Duveen, antiquaires renommés. Ce bâtiment sert de magasin parisien pour leur activité. Aujourd’hui, l’hôtel abrite les boutiques des maisons Van Cleef & Arpels (depuis 2016) et Blancpain, ainsi que le siège de la société Ardian. Son histoire reflète ainsi une transition entre résidence aristocratique, lieu institutionnel et espace commercial de luxe.

L’hôtel de Parabère est protégé au titre des monuments historiques, avec une inscription en 1927 et un classement en 1930. Ces distinctions soulignent son importance patrimoniale et architecturale dans le paysage parisien. Mitoyen de l’hôtel Duché des Tournelles et de l’hôtel de Ségur, il occupe une place centrale dans l’histoire urbanistique et sociale de la place Vendôme.

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