Origine et histoire
L’Hôtel de Pénautier, situé à Toulouse dans le quartier Saint-Étienne, est un hôtel particulier construit entre 1650 et 1654 pour Henri Reich de Pennautier, conseiller aux requêtes du Parlement. Inspiré des hôtels parisiens, il adopte un plan classique entre cour et jardin, avec des façades sobres en brique, initialement animées par un enduit polychrome aujourd’hui disparu. La cour d’honneur, accessible par un portail en plein-cintre, est encadrée d’élévations régulières aux fenêtres rectangulaires, typiques du XVIIe siècle.
En 1712, l’hôtel est acquis par Jean-Mathias de Riquet, fils de Pierre-Paul Riquet (ingénieur du canal du Midi). Son fils, Jean-Gabriel Amable de Riquet, commande au milieu du XVIIIe siècle la façade sur jardin de style Louis XV, ornée de frontons triangulaires, fenêtres segmentaires, mascarons des quatre saisons, et balcons en fer forgé. Cette façade, ainsi que les communs (détruits en 1963), reflètent l’influence de l’architecture toulousaine des années 1750, comme l’Hôtel d’Espie.
L’hôtel reste dans la famille Riquet jusqu’en 1815, date à laquelle il est vendu au comte de Villèle, maire de Toulouse et Premier Ministre sous Louis XVIII et Charles X. Au XIXe siècle, les intérieurs sont remaniés, et les communs rasés en 1963. Classé Monument Historique (façades, toitures, salon du XVIIIe siècle, jardin et nymphée), il abrite aujourd’hui un magasin d’antiquités. Son histoire illustre l’évolution des élites toulousaines, des parlementaires du XVIIe siècle aux familles aristocratiques des Lumières.
Architecturalement, l’hôtel se distingue par sa symétrie et ses détails sculptés. La façade sur jardin, en dix travées, met en valeur un corps central encadré de bossages et surmonté d’un fronton. Les lucarnes à fenêtres pendantes et oculi animent les élévations latérales. Les mascarons, symbolisant les saisons, rappellent l’iconographie courante des jardins aristocratiques. L’absence d’enduit actuel révèle la structure en brique, matériau emblématique de Toulouse.
Le site, partiellement protégé dès 1946 (entrée des écuries), voit ses façades classées en 1963 et 1997, incluant le salon du XVIIIe siècle et le jardin avec son treillage en bois. Ces protections soulignent son importance patrimoniale, mêlant héritage parlementaire (Pennautier) et prestige nobiliaire (Riquet, Villèle).