Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Hôtel de Peyrat à Pézenas dans l'Hérault

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel de Peyrat à Pézenas

  • 3 Rue Montmorency
  • 34120 Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Hôtel de Peyrat à Pézenas
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée
34120 Pézenas, 3 Rue Montmorency

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1538
Cession de la tour à Jean Robert
1556
Achat initial par Antoine Peyrat
1632
Autorisation d’ouvrir des fenêtres
1633-1640
Restructuration par Jean de Peyrat
1752
Achat par Pierre Sales
1994
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour et ancien hôtel (cad. BK 1159 à 1162) : inscription par arrêté du 12 septembre 1994

Personnages clés

Antoine Peyrat - Propriétaire initial (XVIᵉ siècle) Lance l’acquisition des parcelles.
Jean de Peyrat - Conseiller du roi (XVIIᵉ siècle) Structure l’hôtel et y installe la justice.
Pierre Sales - Avocat (XVIIIe siècle) Acquiert et morcelle la propriété.
Louis-François-Joseph de Bourbon (prince de Conti) - Acquéreur partiel (1779) Possède une partie de l’hôtel.

Origine et histoire de l'Hôtel de Peyrat

L’Hôtel de Peyrat, situé à Pézenas en Occitanie, est un monument hybride alliant une tour médiévale — vestige des remparts de la ville, avec une salle voûtée d’ogives à culots sculptés — et un hôtel particulier du XVIIe siècle. La tour, dite « tour des prisons », conserve des cachots dans ses sous-sols et une baie orientale caractéristique. Elle fut restaurée vers 1600 lors de la reprise des fortifications, puis remaniée au début du XVIIe siècle pour intégrer une demeure se développant sur plusieurs niveaux, dont des sous-sols profonds.

Jean de Peyrat, conseiller du roi et secrétaire de la chambre, hérite de la propriété en 1633 et entreprend une campagne majeure de structuration entre 1635 et 1640. Il agrandit l’édifice d’un tiers par rapport à sa taille initiale, y installant la Cour de Justice de la châtellenie. Les parties basses et la tour médiévale sont alors converties en geôles, reliées par un escalier à une grande salle d’audience — originellement couverte d’un plancher à la française orné de rinceaux et de médaillons peints. Une salle des gardes, une cheminée monumentale en bois doré, et un vestibule voûté complètent cet aménagement judiciaire.

Les façades extérieures, ouvertes à l’origine sur l’ancien fossé de la ville (actuelle place des États-de-Languedoc), sont mentionnées dans le compoix de 1688. Leur disposition, avec une porte flanquée d’échauguettes et une galerie à arcades, pourrait précéder les travaux de Jean de Peyrat : dès 1632, ses héritiers obtiennent l’autorisation d’ouvrir des fenêtres sur le fossé. À l’intérieur, des peintures murales récemment redécouvertes dans la galerie représentent en trompe-l’œil les Douze Césars, exécutées en camaïeu de gris sur un socle à cuirs découpés. Ces décors, comme les graffiti des cachots, témoignent de l’usage mixte (résidentiel et carcéral) de l’hôtel.

Au XVIIIe siècle, l’édifice subit des remaniements majeurs : les ouvertures sont réorientées vers l’extérieur de la ville, le rez-de-chaussée est surélevé pour s’adapter au dénivelé de la place des États, et la tour est surélevée. Les espaces intérieurs sont cloisonnés, notamment le vestibule d’audience, où une cheminée de gypserie remplace partiellement les décors antérieurs. L’hôtel, morcelé dès le milieu du siècle, change plusieurs fois de mains : l’avocat Pierre Sales en acquiert la majeure partie en 1752, avant des divisions successives (dont des ventes au prince de Conti en 1779 et à Paul Canonge en 1780).

L’histoire de l’hôtel est indissociable d’un remaniement parcellaire entamé dès 1556, lorsque la tour est cédée par la communauté de Pézenas à Jean Robert, puis rachetée par Antoine Peyrat. Ce dernier, puis son descendant Jean de Peyrat, unifient progressivement des parcelles pour constituer une demeure imposante, adossée à l’ancienne courtine médiévale. Les transformations ultérieures, bien que nombreuses, n’ont cependant pas effacé les traces des aménagements judiciaires du XVIIe siècle, ni les vestiges médiévaux de la tour.

Classé Monument Historique en 1994 (pour la tour et les parties anciennes), l’hôtel illustre l’évolution d’un espace urbain entre moyen âge et époque moderne, où se superposent fonctions défensive, judiciaire et résidentielle. Les décors peints, les graffiti des cachots, et les structures architecturales (voûtes ogivales, cheminées monumentales) en font un témoignage rare de cette transition.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours