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Hôtel de Poissac à Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel de Poissac à Bordeaux

  • 27 Cours d'Albret
  • 33000 Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Hôtel de Poissac à Bordeaux
Crédit photo : Symac - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
33000 Bordeaux, 27 Cours d'Albret

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1769
Mariage de Jaucen et Dupuy
1775-1778
Construction de l’hôtel
1791
Confiscation révolutionnaire
1903
Installation du portail baroque
1930-1961
Protections monument historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'Hôtel, à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 14 avril 1930 ; La façade sur le cours d'Albret, l'escalier et les trois salons avec boiseries : classement par décret du 21 février 1939 ; Le jardin, y compris sa clôture ainsi que les deux pavillons et le portail d'entrée donnant sur le cours d'Albret ; la porte sur la rue Pierlot, avec ses vantaux (cad. O 245) : classement par arrêté du 29 mai 1961

Personnages clés

Étienne-François-Charles Jaucen - Baron de Poissac, commanditaire Enrichi par l’esclavage via son épouse
Marguerite Dupuy - Épouse de Jaucen, héritière coloniale Propriétaire de plantations à Saint-Domingue
Nicolas Papon - Architecte de l’hôtel Auteur des plans et supervision
Georges Guestier - Propriétaire au XXe siècle Collectionneur d’art et mécène

Origine et histoire de l'Hôtel de Poissac

L’hôtel de Poissac est un hôtel particulier bordelais construit entre 1775 et 1778 pour Étienne-François-Charles Jaucen, baron de Poissac. Issu d’une famille de marchands de Tulle, ce dernier s’enrichit grâce à son mariage en 1769 avec Marguerite Dupuy, héritière de trois plantations de café et 400 esclaves à Saint-Domingue. Ces revenus coloniaux financèrent l’acquisition d’un terrain de l’archevêché et la construction de l’hôtel, confié à l’architecte Nicolas Papon, peut-être d’après les plans de François Lhote.

Le terrain, cédé par l’archevêché pour financer le futur Palais Rohan, accueillit un édifice inversant les codes urbains : le jardin, doté d’une grille et de pavillons de gardiens, s’ouvre sur le cours d’Albret, donnant à l’ensemble des allures de maison de campagne. La façade néo-classique, ornée de pilastres ioniques et de frontons, contraste avec le portail baroque rapporté en 1903, originaire de l’hôtel Pichon. À l’intérieur, l’escalier en fer forgé et les boiseries des salons témoignent du faste d’origine.

Sous la Révolution, l’hôtel devint un bien national après la confiscation des biens de Poissac, émigré à Londres en 1791. Au XXe siècle, il abritera la collection d’art de Georges Guestier, négociant et mécène, avant d’être cédé à l’université de Bordeaux. Aujourd’hui, il accueille des services du rectorat, dont la médecine du travail. Son histoire reflète les liens entre patrimoine bordelais, esclavage colonial et mutations politiques.

L’hôtel bénéficie de multiples protections au titre des monuments historiques : classement partiel en 1939 (façade, escalier, salons) et 1961 (jardin, pavillons, portail), complétés par une inscription en 1930 pour le reste du bâtiment. Ces mesures soulignent sa valeur architecturale et mémorielle, entre héritage des Lumières et mémoire de l’esclavage.

Liens externes

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