Frise chronologique
4-5 avril 1871
Bombardement et chute
Bombardement et chute
4-5 avril 1871 (≈ 5)
280 obus tirés depuis Notre-Dame.
1861
Approbation du projet
Approbation du projet
1861 (≈ 1861)
Financement validé par le conseil général.
18 septembre 1862
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
18 septembre 1862 (≈ 1862)
Début officiel des travaux.
8 novembre 1864
Démission d’Auguste Martin
Démission d’Auguste Martin
8 novembre 1864 (≈ 1864)
Remplacé par François-Joseph Nolau.
décembre 1866
Inauguration par Maupas
Inauguration par Maupas
décembre 1866 (≈ 1866)
Destitué juste après l’achèvement.
22 mars 1871
Prise par la Commune
Prise par la Commune
22 mars 1871 (≈ 1871)
Insurgés s’emparent du bâtiment.
27 juillet 1979
Inscription Monument historique
Inscription Monument historique
27 juillet 1979 (≈ 1979)
Protection des façades et décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures ; le grand escalier d'honneur avec sa rampe à balustres et sa cage ; le vestibule au deuxième étage, et les pièces suivantes avec leur décor : au premier étage : antichambre, salle à manger, salon de réception vert, grand salon rouge et cabinet du Préfet ; au deuxième étage : salon gris et or, salon dit de l'horloge, salon d'angle, grand salon, galerie, salle à manger, chambre de l'Empereur et chambre de l'Impératrice (cad. B 17) : inscription par arrêté du 27 septembre 1979
Personnages clés
| Charlemagne Émile de Maupas - Préfet des Bouches-du-Rhône (1860-1866) |
Commanditaire du bâtiment, destitué en 1866. |
| Auguste Martin - Architecte départemental |
Concepteur initial, démissionne en 1864. |
| François-Joseph Nolau - Architecte parisien |
Termine les travaux et décors intérieurs. |
| Eugène-Louis Lequesne - Sculpteur |
Auteur des statues de la façade nord. |
| Gaston Crémieux - Dirigeant de la Commune |
Proclame la solidarité avec Paris. |
| Henri Espivent de La Villesboisnet - Général versaillais |
Ordonne le bombardement de 1871. |
Origine et histoire
L’hôtel de préfecture des Bouches-du-Rhône fut édifié entre 1862 et 1866 sous l’impulsion de Charlemagne Émile de Maupas, préfet du département. Ce dernier, insatisfait de son logement à l’hôtel Roux de Corse (actuel lycée Montgrand), commanda un palais digne de son rang. Le projet, confié à l’architecte départemental Auguste Martin, fut approuvé en 1861. Les travaux débutèrent après l’acquisition des terrains et la démolition des immeubles existants, sur l’emplacement des anciens remparts de 1669. Des fondations spéciales durent être créées en raison de l’instabilité du sol, un défi récurrent, comme le montra plus tard la construction d’un parking souterrain.
En 1864, Auguste Martin démissionna en raison de désaccords avec Maupas et de dépassements budgétaires. Il fut remplacé par François-Joseph Nolau, expert en décors intérieurs. Les travaux s’achevèrent fin 1866, mais Maupas, destitué par décret impérial, inaugura tout de même le bâtiment le 1er janvier 1867. L’édifice, de style somptueux, reflétait les ambitions du Second Empire, avec des façades ornées de statues d’Eugène-Louis Lequesne et Pierre Travaux, représentant des figures historiques locales comme le roi René ou Mirabeau.
Pendant la Commune de Marseille en 1871, la préfecture fut prise par les insurgés le 22 mars. Gaston Crémieux y proclama la solidarité avec la Commune de Paris. Le 4 avril, le général Espivent de La Villesboisnet fit bombarder la ville depuis Notre-Dame-de-la-Garde, surnommée alors « Notre-Dame de la Bombarde ». Après 280 obus tirés, la préfecture tomba le 5 avril après dix heures de combats. Le bâtiment, inscrit aux Monuments historiques en 1979, conserve des éléments protégés comme le grand escalier d’honneur, des salons et des chambres impériales.
Architecturalement, la préfecture se distingue par son plan en parallélogramme (90 m x 80 m) et ses façades richement sculptées. La façade nord, principale, donne sur la place de la Préfecture et arbore quatre statues, dont celles de Jean V de Pontevès et de Portalis. Les fenêtres varient selon les étages : frontons circulaires au rez-de-chaussée, triangulaires au premier étage, et rectangulaires à l’étage supérieur. La cour intérieure abrite également des statues de Jean Marcellin, célébrant des personnalités comme Puget ou Suffren.
Le site, accessible via la station de métro Estrangin - Préfecture, illustre l’histoire politique et architecturale de Marseille. Son inscription en 1979 protège ses façades, toitures, et décors intérieurs, témoins de l’opulence du Second Empire et des tumultes de la Commune. Les sources, dont les travaux de Denise Jasmin (1996) et les archives départementales, soulignent son rôle central dans l’histoire locale et nationale.