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Hôtel de préfecture de l'Oise à Beauvais dans l'Oise

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hôtel de préfecture

Hôtel de préfecture de l'Oise à Beauvais

    Place de la Préfecture
    60155 Beauvais
Hôtel de préfecture de lOise à Beauvais
Hôtel de préfecture de lOise à Beauvais
Hôtel de préfecture de lOise à Beauvais
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Hôtel de préfecture de lOise à Beauvais
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Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1700
1800
1900
2000
1067
Fondation de l’abbaye Saint-Quentin
1069
Dédicace de l’église abbatiale
XVIIe siècle
Construction du grand logis
1790
Fermeture de l’abbaye
1823
Achat par le département
11 février 1963
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guy de Saint-Quentin-en-Vermandois - Évêque de Beauvais et fondateur Créa l’abbaye Saint-Quentin en 1067.
Yves de Chartres - Premier abbé régulier Nommé en 1069, devint évêque de Chartres.
Jean-Pierre-Marie Sallé - Propriétaire post-révolutionnaire Transforma l’abbaye en manufacture en 1790.
Charles-Henri Landon - Architecte du département Dirigea les travaux de transformation en 1823.
Louis-Philippe - Roi de France Visita la préfecture en 1831.
Charles de Gaulle - Président de la République En visite les 13 et 14 juin 1964.

Origine et histoire

L’hôtel de la préfecture de l’Oise, situé à Beauvais, est un édifice emblématique abritant les services préfectoraux du département. À l’origine, il s’agissait de l’abbaye Saint-Quentin, fondée en 1067 par l’évêque Guy de Saint-Quentin-en-Vermandois. Ce monastère, régi par la règle de saint Augustin, fut un haut lieu religieux et intellectuel, doté de terres, moulins et privilèges confirmés par plusieurs papes. Deux vestiges majeurs subsistent de cette époque : la chapelle de l’abbé (XIIe siècle) et un mur gouttereau de l’église abbatiale (XIe siècle). Désacralisée pendant la Révolution, l’abbaye devint une manufacture de toiles peintes avant d’être acquise en 1823 par le conseil général pour en faire la préfecture.

Au XVIIe siècle, le grand logis de l’abbaye fut reconstruit, donnant au site son aspect actuel de château classique. Après la Révolution, l’abbaye, confisquée comme bien national, fut achetée en 1790 par Jean-Pierre-Marie Sallé, qui y installa une manufacture et modifia les bâtiments. En 1823, le département de l’Oise racheta le domaine pour 140 000 francs, malgré des projets concurrents comme l’ancien couvent des Minimes. Les travaux d’aménagement, dirigés par l’architecte Charles-Henri Landon, transformèrent les lieux en préfecture, avec des ajouts comme une aile administrative (1845) et une salle du conseil (1932).

L’abbaye connut une histoire mouvementée, marquée par des conflits avec les chanoines de Beauvais, des pillages (notamment par les Anglais en 1347 et lors des guerres de Religion), et des catastrophes naturelles (inondations, incendies). Au XIe siècle, elle fut un enjeu politique, avec des tensions entre l’évêque Guy et le roi Philippe Ier, résolues grâce à l’appui du pape Grégoire VII. Les moines, confrontés à des difficultés financières, durent emprunter pour survivre, notamment lors des guerres de la Ligue (1589-1595). L’abbaye déclina progressivement, passant de 28 religieux à seulement 10 à la Révolution.

La transformation en préfecture au XIXe siècle impliqua des modifications majeures : démolition de l’église abbatiale (1824), construction d’une aile reliant le grand logis aux bureaux, et aménagements intérieurs (salle des huissiers, appartement du préfet). Le site accueillit des personnalités comme Louis-Philippe (1831) et Charles de Gaulle (1964). Les jardins, autrefois à la française, furent réduits, mais le parc actuel conserve trois platanes centenaires. Classé monument historique en 1963, l’édifice allie héritage médiéval (mur du XIe siècle) et architecture classique (façade du XVIIe siècle).

L’intérieur de la préfecture mêle décors historiques et œuvres modernes. Le salon des Quatre-Saisons, avec ses boiseries et tapisseries de Beauvais (cadeau de Louis XVIII en 1822), contraste avec des œuvres contemporaines comme la tapisserie Cheyt Pyr de Vasarely (1977-1978). La chapelle, partiellement conservée, et le jardin d’hiver témoignent de l’adaptation du site à ses nouvelles fonctions. Les caves, renforcées pour supporter les étages, abritèrent autrefois des métiers à tisser lors de la période manufacturière.

Aujourd’hui, la préfecture conserve des traces de son passé multiséculaire : la grille en fer forgé (1804), les impacts d’obus de 1918 sur une aile, et le mur gouttereau du XIe siècle intégré à la galerie. Le domaine, bordé par la rivière Saint-Quentin et le canal Gonard, reste un symbole du patrimoine beauvaisien, alliant histoire religieuse, industrielle et administrative. Son classement et son pré-inventaire comme jardin remarquable soulignent son importance culturelle et architecturale.

Liens externes