Origine et histoire de l'Hôtel de préfecture
L’hôtel de préfecture de la Somme, situé rue de la République à Amiens, fut construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle pour abriter l’hôtel de l’Intendance de la Généralité d’Amiens. En 1761, l’intendant Étienne Maynon d’Invault lança sa construction, tandis qu’en 1773, son successeur Bruno d’Agay décida d’installer ses bureaux dans la maison de l’imprimeur du roi, réaménagée par l’architecte parisien Louis de Montigny. Les terrains furent acquis auprès de nobles locaux comme le marquis de Runes ou Vaquette de Fréchencourt. Sous le Consulat, le bâtiment devint l’hôtel de la Préfecture de la Somme.
Au XIXe siècle, l’architecte François-Auguste Cheussey réaménagea l’édifice en 1816 et construisit un pavillon dans la cour de l’orangerie en 1838. Après les bombardements allemands de 1918, les parties détruites furent reconstruites à l’identique. Le monument, protégé partiellement depuis 1988 et 2013, illustre l’architecture civile urbaine néoclassique, avec des intérieurs (vestibule, salons, rotonde) conservés depuis le XVIIIe siècle. Jean Herbault, architecte amiénois, y apporta des modifications sous le Second Empire, notamment dans la grande salle à manger et le cabinet du préfet.
Le parc à l’anglaise, prolongement est de l’hôtel, conserve son tracé d’origine du XVIIIe siècle, dominé par un cèdre du Liban planté en 1756 par Dom Robbe, fondateur du Jardin des Plantes d’Amiens. On y trouve aussi des platanes, des ifs, et une glacière enterrée. Le parc, comme les façades et certains décors intérieurs (salons, galerie d’apparat), est classé au titre des monuments historiques. L’ensemble reflète l’héritage administratif et architectural de la Picardie, marqué par les transformations des XVIIIe et XIXe siècles.
À proximité, l’ancien couvent des Feuillants, voisin de la préfecture, abrite aujourd’hui le Conseil départemental de la Somme. Construit en brique et pierre à partir de 1663, il fut déclaré bien national à la Révolution et transformé en 1797 pour accueillir les archives départementales. L’architecte Jean Herbault y ajouta une salle des séances entre 1864 et 1866, décorée par Louis Duthoit, tandis qu’une fresque de Jean-Jacques Staebler y représente le département. Ces deux édifices, liés par leur histoire administrative, témoignent de l’évolution urbaine et politique d’Amiens.