Frise chronologique
1719
Construction initiale
Construction initiale
1719 (≈ 1719)
Bâti pour Louise-Julie de La Tour d’Auvergne.
1750
Acquisition par Jean-Marie Richard
Acquisition par Jean-Marie Richard
1750 (≈ 1750)
Financier devient propriétaire après décès de la princesse.
1792
Rénovation style Premier Empire
Rénovation style Premier Empire
1792 (≈ 1792)
Salon redécoré par Marie-Madeleine Victoire Thomas.
1876
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1876 (≈ 1876)
Corps de logis rehaussé par César-Armand de La Panouse.
7 novembre 1927
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
7 novembre 1927 (≈ 1927)
Protection du salon Premier Empire.
1922-1934
Occupation par Gabrielle Chanel
Occupation par Gabrielle Chanel
1922-1934 (≈ 1928)
Atelier et salon de réception de la couturière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Décoration du salon Premier Empire : inscription par arrêté du 7 novembre 1927
Personnages clés
| Louise-Julie de La Tour d’Auvergne - Princesse de Montbazon |
Commanditaire de la construction en 1719. |
| Jean-Michel Chevotet - Architecte |
Auteur des plans initiaux de l’hôtel. |
| Pierre Cailleteau dit Lassurance - Architecte |
Supervise la construction en 1719. |
| Marie-Madeleine Victoire Thomas - Propriétaire en 1792 |
Fait décorer le salon style Premier Empire. |
| Gabrielle Chanel - Couturière |
Ocupe l’hôtel de 1922 à 1934. |
| César-Armand de La Panouse - Propriétaire en 1876 |
Dirige la reconstruction partielle. |
Origine et histoire
L’hôtel de Rohan-Montbazon est un hôtel particulier construit en 1719 par l’architecte Pierre Cailleteau, dit Lassurance, sur les plans de Jean-Michel Chevotet, pour Louise-Julie de La Tour d’Auvergne, princesse de Montbazon. Veuve du prince François-Armand de Rohan-Guéméné, elle choisit ce quartier proche de son frère, le comte d’Évreux, propriétaire de l’actuel palais de l’Élysée. À sa mort en 1750, l’hôtel est acquis par le financier Jean-Marie Richard, qui y fait ajouter une aile abritant une chapelle et des cuisines, critiquée par l’architecte Jacques-François Blondel pour son manque d’harmonie.
En 1792, l’hôtel est vendu à Marie-Madeleine Victoire Thomas, veuve de Louis-Hyacinthe Raymond de Saint-Sauveur, qui y fait aménager le grand salon dans le style Premier Empire. Après sa mort en 1817, le bâtiment passe entre les mains de plusieurs propriétaires, dont le collectionneur Augustin de Lapeyrière (1819) et le comte Alexandre César de La Panouse (1823). Son fils, César-Armand, entreprend en 1876 une reconstruction partielle, rehaussant le corps de logis de trois niveaux et modifiant la façade sur rue.
Au XXe siècle, l’hôtel abrite temporairement (1922-1934) l’atelier de la couturière Gabrielle Chanel, qui y reçoit des personnalités comme Igor Stravinsky ou Pablo Picasso. Depuis, transformé en copropriété privée, il accueille notamment un cabinet d’avocats. Seul le salon Premier Empire, inscrit aux monuments historiques en 1927, témoigne aujourd’hui de son prestige passé.
Mitoyen de l’hôtel Pillet-Will (résidence de l’ambassadeur du Japon), l’hôtel de Rohan-Montbazon incarne les mutations architecturales et sociales d’un quartier aristocratique, marqué par les fastes de l’Ancien Régime, les transformations haussmanniennes et la vie mondaine du XIXe siècle.