Frise chronologique
1709
Acquisition par Roquelaure
Acquisition par Roquelaure
1709 (≈ 1709)
Antoine-Gaston de Roquelaure achète le terrain.
1722-années 1730
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1722-années 1730 (≈ 1726)
Reconstruction par Cailleteau ou Leroux.
1794
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Devenu bien national sous la Terreur.
1808
Achat par Cambacérès
Achat par Cambacérès
1808 (≈ 1808)
Transformé en palais impérial.
1839
Installation du ministère
Installation du ministère
1839 (≈ 1839)
Affecté aux Travaux publics.
1961
Classement monument historique
Classement monument historique
1961 (≈ 1961)
Protection des façades et du jardin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Antoine-Gaston de Roquelaure - Maréchal de France |
Commanditaire de l’hôtel au XVIIIe. |
| Mathieu-François Molé - Président du Parlement |
Propriétaire en 1740, acteur politique. |
| Jean-Jacques-Régis de Cambacérès - Archichancelier de Napoléon |
Transforme l’hôtel en palais impérial. |
| Félix Duban - Architecte |
Rénove l’hôtel pour le ministère. |
Origine et histoire
L’hôtel de Roquelaure, situé au 246 boulevard Saint-Germain dans le 7e arrondissement de Paris, fut édifié au début du XVIIIe siècle comme résidence urbaine pour Antoine-Gaston de Roquelaure, maréchal de France. Son architecture, attribuée à Pierre Cailleteau ou son fils Jean, s’inscrit dans le mouvement de construction nobiliaire du faubourg Saint-Germain, alors en plein essor. Le terrain, anciennement agricole et inondable, appartenait à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés avant d’accueillir une modeste construction détruite pendant les guerres de Religion.
Acquis en 1709 par Roquelaure, l’hôtel est reconstruit entre 1722 et les années 1730 en intégrant des éléments préexistants, comme l’hôtel de Villetaneuse. Le projet final, entre cour et jardin, reflète les codes aristocratiques de l’époque : corps de logis double, écuries, et communs organisés pour préserver l’intimité. La façade sur jardin, plus ample que celle sur cour, illustre l’adaptation aux contraintes du terrain. À la mort de Roquelaure en 1738, l’hôtel passe à ses héritières avant d’être vendu en 1740 à Mathieu-François Molé, président du Parlement de Paris.
Sous Molé, l’hôtel perd son caractère mondain pour devenir un lieu politique, accueillant même l’ambassadeur d’Espagne. La Révolution française marque un tournant : confisqué en 1794 comme bien national, il est attribué à la Commission d’Agriculture et des Arts avant d’être restitué à la famille Molé. En 1808, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, archichancelier de Napoléon, en fait un palais impérial, y organisant des réceptions fastueuses. Il y adjoint l’hôtel de Lesdiguières-Sully et rénove les intérieurs pour en faire une vitrine du pouvoir.
Au XIXe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains : vendu à la duchesse d’Orléans en 1821, il est échangé en 1832 contre une partie de la forêt de Bondy. Dès 1839, il abrite le ministère des Travaux publics, marqué par des transformations majeures sous Félix Duban, comme la destruction des écuries pour agrandir les bureaux. En 1861-1866, les ailes de la cour sont surélevées, et le percement du boulevard Saint-Germain en 1880 modifie la façade. Classé monument historique en 1961, il accueille depuis 2007 le cabinet du ministère de la Transition écologique.
L’hôtel voisin, l’hôtel Le Play (40 rue du Bac), construit dans les années 1860, est annexé au ministère en 1947. Il sert aujourd’hui de siège à divers secrétariats d’État. L’ensemble illustre la réappropriation des hôtels particuliers parisiens par les institutions républicaines, héritant de leur prestige aristocratique pour incarner le pouvoir moderne.
Devenir actuel
Autrefois le siège du ministère des Travaux publics, il héberge actuellement le cabinet ministériel du ministère de la Transition écologique et solidaire.