Frise chronologique
1734-1736
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1734-1736 (≈ 1735)
Par Jean-Baptiste Franque pour Pierre de Roqueplane
1892
Achat par la famille Pavin
Achat par la famille Pavin
1892 (≈ 1892)
Rachat par la famille Pavin de Lafarge
14 avril 1947
Classement monument historique
Classement monument historique
14 avril 1947 (≈ 1947)
Protection officielle de l’édifice
18 mai 1947
Installation de la mairie
Installation de la mairie
18 mai 1947 (≈ 1947)
Transfert des services municipaux
30 août 1986
Devenu évêché
Devenu évêché
30 août 1986 (≈ 1986)
Échange avec le palais épiscopal
1986-1988
Aménagement de la chapelle
Aménagement de la chapelle
1986-1988 (≈ 1987)
Par Mgr Jean Hermil et Jacques Prioleau
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de Roqueplane : classement par arrêté du 14 avril 1947
Personnages clés
| Pierre de Roqueplane - Commanditaire |
Receveur des Tailles du Bas Vivarais |
| Jean-Baptiste Franque - Architecte |
Auteur des plans initiaux |
| Paul de Montclos - Architecte |
Auteur du grand escalier (XIXe) |
| Germain Delanger - Peintre-décorateur |
Décors peints en 1896 |
| Mgr Jean Hermil - Évêque de Viviers (1965-1992) |
Commanditaire de la chapelle |
| Jacques Prioleau - Architecte |
Aménagement de la chapelle (1986-1988) |
Origine et histoire
L’hôtel de Roqueplane est un ancien hôtel particulier construit entre 1734 et 1736 à Viviers, dans le département de l’Ardèche, sur les plans de l’architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque. Commandé par Pierre de Roqueplane, receveur des Tailles du Bas Vivarais, l’édifice se distingue par son décor stuqué réalisé par Guyon. Il illustre l’architecture civile raffinée du XVIIIe siècle dans une région marquée par l’influence des élites locales et des artisans qualifiés.
Acquis en 1892 par la famille Pavin de Lafarge, l’hôtel subit des transformations au XIXe siècle, dont l’ajout d’un grand escalier par l’architecte Paul de Montclos et des décors peints par Germain Delanger en 1896. En 1946, la commune de Viviers en devient propriétaire et y installe la mairie l’année suivante. Classé monument historique le 14 avril 1947, le bâtiment incarne alors le passage d’une résidence privée à un usage public, reflétant les mutations administratives et sociales de l’époque.
En 1986, l’hôtel de Roqueplane devient l’évêché de Viviers après un échange avec l’ancien palais épiscopal. Mgr Jean Hermil, évêque de 1965 à 1992, y fait aménager une chapelle entre 1986 et 1988 dans l’ancienne cuisine du XVIIIe siècle, conservant des éléments originaux comme la voûte d’arête et la cheminée. Ce projet, confié à l’architecte Jacques Prioleau, transforme un espace domestique en lieu de culte, symbolisant la réappropriation religieuse d’un patrimoine civil.
La chapelle épiscopale, accessible par un sas orné de croix stylisées, abrite des œuvres d’art sacré comme un Christ en croix du XVIe siècle, un triptyque mêlant pièces anciennes et création contemporaine de Philippe Kaeppelin, et une Vierge polychrome du XVIIIe siècle. L’autel en travertin, marqué d’une plaie symbolisant l’Agneau de Dieu, et le tabernacle surmonté du manteau de l’ancienne cheminée soulignent le dialogue entre héritage historique et spiritualité moderne. Ce lieu, à la fois intime et solennel, sert de cadre aux célébrations et à la dévotion.
L’histoire de l’hôtel de Roqueplane reflète les évolutions politiques, administratives et religieuses de Viviers, depuis sa construction pour un notable local jusqu’à son rôle actuel au sein du diocèse. Son architecture, ses décors et ses usages successifs en font un témoignage majeur du patrimoine ardéchois, où se croisent pouvoir civil, art et foi.