Origine et histoire
L’hôtel de Sorans, initialement appelé hôtel Casenat, est un hôtel particulier construit au 2e quart du XVIIIe siècle à Besançon, dans le département du Doubs. Il se distingue par son architecture classique, avec trois corps de bâtiments parallèles et deux cours intérieures. Le logis principal, sur rue, compte deux étages carrés et un sous-sol voûté en berceau, tandis que les communs abritent écuries, remises et logements. L’édifice, en moellon et pierre de taille, présente des éléments décoratifs notables comme des bas-reliefs sous les fenêtres et un portail sculpté. Son jardin, autrefois situé de l’autre côté de la rue, a aujourd’hui disparu.
L’hôtel est érigé en 1737 par l’architecte Jean-Pierre Galezot pour Antoine-François de Rosières, marquis de Sorans, sur l’emplacement d’un ancien hôtel du XVIe siècle, l’hôtel Casenat. Ce dernier conservait une cheminée datée de 1565, aujourd’hui déplacée au musée de Dole. Les transformations majeures interviennent à la fin du XIXe siècle, avec l’ajout d’un grand escalier et des décors intérieurs. L’édifice est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1994, protégeant ses façades, toitures, escaliers, écurie voûtée et une cheminée à hotte.
Au fil des siècles, l’hôtel change de propriétaires et subit diverses modifications. En 1739, le marquis de Sorans obtient l’autorisation de construire un portail pour son jardin, disparu en 1783. En 1775, le comte de Beaufort, nouveau propriétaire, demande des aménagements pour assainir les bâtiments en fond de cour. Au XIXe siècle, des travaux transforment l’escalier, ajoutent un étage de comble et réaménagent les décors intérieurs. Certains éléments d’origine, comme des lambris, ont été supprimés au XXe siècle, mais le deuxième étage du logis principal conserve ses dispositions et décors d’époque.
L’hôtel de Sorans illustre l’évolution des demeures urbaines bisontines, mêlant héritage médiéval (cheminée du XVIe siècle) et transformations des XVIIIe et XIXe siècles. Son architecture reflète le statut social de ses propriétaires, marquises et comtes, tandis que ses aménagements successifs témoignent des adaptations aux besoins résidentiels et esthétiques des époques traversées. Aujourd’hui, il reste un exemple remarquable du patrimoine civil de Besançon, protégé pour ses éléments les plus significatifs.