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Hôtel de ville

Hôtel de ville

    25 Rue de la Republique
    97200 Fort-de-France
Propriété de la commune
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Crédit photo : Jean-Louis Lascoux - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1884
Début de la construction
22 juin 1890
Incendie de Fort-de-France
18 août 1891
Cyclone dévastateur
21 septembre 1901
Inauguration du bâtiment
1908
Assassinat d'Antoine Siger
1912
Construction du théâtre municipal
1970
Déménagement de la mairie
31 juillet 1979
Classement Monument historique
30 septembre 2009
Rebaptisation du théâtre
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toiture ; salle de théâtre (cad. BC 23) : inscription par arrêté du 31 juillet 1979

Personnages clés

Antoine Siger - Maire de Fort-de-France Assassiné en 1908 sur le balcon.
Aimé Césaire - Maire (1945–2001) et poète Conserva son bureau après son mandat.
Albert-Ernest Carrier-Belleuse - Sculpteur Auteur de la statue de l’esclave affranchi (1879).
Krous - Entrepreneur initial Dirigea les travaux avant l’incendie.
De Laguarigue - Repreneur des travaux Acheva la construction après 1891.

Origine et histoire

L’ancien Hôtel de ville de Fort-de-France, construit entre 1884 et 1901, remplace la Maison Commune de 1848, détruite par un incendie en 1890 et un cyclone en 1891. Les travaux, initialement menés par l’entrepreneur Krous, furent repris par De Laguarigue après ces catastrophes. Le bâtiment, inauguré le 21 septembre 1901, adopte un style néo-classique avec une forte présence de bois et de frises dentelées, typiques de l’architecture antillaise. Son campanile, orné d’une horloge à quatre faces, domine la façade où figurent les armes de la ville et la devise « Semper Francia » (la France toujours).

En 1908, le maire Antoine Siger y fut assassiné sur le balcon pendant une campagne électorale. Dès 1912, une annexe abritant un théâtre municipal à l’italienne de 800 places fut ajoutée. À l’intérieur, une statue d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1879) symbolise l’abolition de l’esclavage, avec les noms des membres du gouvernement provisoire de 1848 gravés sur son socle. Le bâtiment, trop exigu dès 1970, devint exclusivement un théâtre, tandis que la mairie déménagea boulevard du Général de Gaulle.

Rebaptisé « Théâtre Aimé-Césaire » en 2009 en hommage au poète et ancien maire (1945–2001), l’édifice accueille désormais expositions, spectacles et productions cinématographiques. Classé Monument historique depuis 1979, il conserve une acoustique remarquable et un héritage culturel mêlant danse classique, musique traditionnelle martiniquaise et théâtre. La salle a accueilli des artistes prestigieux, comme Louis Jouvet ou la Comédie-Française.

L’hotel de ville incarne ainsi l’histoire politique et artistique de la Martinique, marqué par des événements tragiques (incendies, assassinat) mais aussi par une résilience culturelle, symbolisée par sa reconversion en lieu de spectacle. Son architecture et ses décors intérieurs, comme la statue de l’esclave affranchi, rappellent les luttes pour la liberté et l’ancrage républicain de l’île.

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