Origine et histoire
L’hôtel de ville de Pantin, construit entre 1880 et 1886, incarne l’architecture éclectique de la fin du XIXe siècle, mêlant influences modernes et néo-Renaissance. Il fut érigé pour répondre à la croissance démographique rapide de Pantin, liée à son développement industriel, et pour réaffirmer l’unité municipale après la tentative de sécession du quartier des Quatre-Chemins en 1873. Le bâtiment, conçu comme un symbole des libertés communales, intègre des éléments décoratifs soignés, tant intérieurs qu’extérieurs, visant à offrir une « leçon d’instruction civique ».
Le projet fut aussi une réponse à l’accroissement de la population, nécessitant des locaux adaptés après que la mairie eut été temporairement relocalisée rue d’Allemagne pendant la guerre de 1870. L’ancien hôtel de ville occupait auparavant une résidence ayant appartenu à des figures comme Beaumarchais ou la danseuse Marie-Madeleine Guimard. Inauguré le 31 octobre 1886 par le président Jules Grévy, l’édifice adopte un plan en T, avec un campanile, des tourelles, et un jardin clos par une grille en fer forgé.
Classé monument historique en totalité depuis le 14 novembre 2023 (après une première inscription en 2017), l’hôtel de ville a bénéficié d’une restauration récente, notamment de sa toiture et de sa façade, pour un coût estimé à 3,2 millions d’euros. Son intérieur, structuré autour d’un escalier monumental à double révolution, hiérarchise les décors selon les fonctions des pièces (hall, salle des mariages, salle du conseil), alliant matériaux industriels (fonte, carrelage) et éléments artistiques peints ou sculptés. L’ensemble, peu modifié depuis son origine, reste un témoignage cohérent de l’urbanisme républicain de la Troisième République.
Situé à mi-chemin entre le cœur historique de Pantin (près de l’église Saint-Germain) et le nouveau quartier des Quatre-Chemins, le bâtiment préfigurait le futur centre-ville. Son emplacement, sur la place formée par l’avenue du Général-Leclerc et l’avenue Édouard-Vaillant, renforce son rôle central dans la vie locale. Les architectes Gustave Raulin et Léon Guélorget ont conçu un édifice à la fois fonctionnel et symbolique, reflétant les ambitions d’une commune en pleine mutation.
Les protections patrimoniales couvrent non seulement le bâtiment, mais aussi son sol, sa parcelle d’implantation, et sa grille de clôture, soulignant l’importance de son intégrité architecturale et paysagère. Le jardin, aménagé en square, et la terrasse arrière accessible par un escalier en fer à cheval, complètent cet ensemble urbain remarquable, classé pour sa valeur historique et esthétique.