Origine et histoire de l'Hôtel de ville
L’hôtel de ville d’Aix-les-Bains était à l’origine un château seigneurial construit au XVIe siècle par la famille de Seyssel, marquis d’Aix, sur les vestiges d’un édifice médiéval du XIIIe siècle. Le corps de logis actuel, daté par dendrochronologie vers 1400, conserve des éléments gothiques comme un escalier d’honneur érigé à la fin du XVIe siècle par Isabeau de la Roche-Andry. Cet escalier, classé monument historique en 1890, menait à une chapelle aujourd’hui disparue. Le château, racheté par la commune en 1866, fut transformé en hôtel de ville avec des modifications mineures, préservant son architecture historique.
Le site occupe un emplacement stratégique, lié à l’histoire royale et comtale de Savoie. Dès 1011, une charte mentionne Aix comme sedem regalem (siège royal), héritage du fisc carolingien. Au XIIe siècle, le comté de Savoie en prend possession et inféode la seigneurie aux Seyssel, qui y bâtissent un donjon carré entre le XIIe et le XIIIe siècle. Les vestiges archéologiques, pauvres, révèlent cependant une enceinte et des fondations du XIe siècle près du temple de Diane. Le château, partiellement détruit au XIXe siècle, fut un hôpital militaire en 1793 avant de devenir un casino puis une mairie.
Classé monument historique en 1982 (hors aile nord), l’édifice allie des éléments médiévaux (tour d’escalier à flèche carrée, voûtes d’ogives) et des ajouts du XIXe siècle, comme la salle du conseil décorée en 1932. Les restaurations successives (toiture en 2015, façades en 1979) ont préservé son caractère hybride, entre résidence seigneuriale et bâtiment public. L’escalier, joyau architectural, reste le seul élément classé dès 1890, témoignant de la puissance des Seyssel à la Renaissance.
Le château était initialement protégé par une enceinte, un fossé et des tours, dont un donjon détruit en 1873. Au XVIIe siècle, des aménagements (fenêtres, escalier) furent réalisés dans la tour de la Muraille, avant sa démolition au XVIIIe. Occupé par les troupes espagnoles entre 1742-1748, puis transformé en hospice en 1813, le bâtiment fut enfin acquis par la ville en 1866. Les modifications intérieures (cloisons, baies) au XIXe et XXe siècles ont adapté l’espace aux besoins administratifs, sans altérer son identité historique.
L’hotel de ville abrite aujourd’hui les services municipaux et un patrimoine mobilier notable, comme les boiseries de la salle du conseil (style Louis XIII, 1974). Son escalier, à quatre noyaux et voûtes d’ogives, illustre l’influence de l’architecture savoyarde de la Renaissance. Les fouilles de 1988 et les analyses dendrochronologiques (2005) ont confirmé l’ancienneté du corps de logis, tandis que les restaurations récentes (toiture en 2015) garantissent sa pérennité.