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Hôtel de ville d'Euville dans la Meuse

Patrimoine classé
Patrimoine urbain
Hôtel de ville
Meuse

Hôtel de ville d'Euville

    Rue Mathelin
    55200 Euville
Hôtel de ville dEuville
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Hôtel de ville dEuville
Hôtel de ville dEuville
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Hôtel de ville dEuville
Crédit photo : Caïman - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1900
Décision de construction
1901-1909
Construction de la mairie
15 janvier 1975
Classement des vitraux
26 mai 1992
Classement complet
11 novembre 1994
Incendie destructeur
15 novembre 2000
Classement du mobilier
1996-2007
Restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Mairie (cad. AB 122) : classement par arrêté du 26 mai 1992

Personnages clés

Henry Gutton - Architecte Concepteur initial, inspiré par la Renaissance.
Joseph Hornecker - Architecte Associé à Gutton, membre École de Nancy.
Eugène Vallin - Architecte et ébéniste Redessina la façade et créa du mobilier.
Emmanuel Champigneulle - Peintre-verrier Auteur des vitraux de la baie centrale.
Jacques Gruber - Peintre-verrier Vitrail de la cage d’escalier.
Louis Majorelle - Ferronnier et ensemblier Créa les luminaires en 1910.
Edgar Brandt - Ferronnier Rampe d’escalier et luminaires.

Origine et histoire

L’hôtel de ville d’Euville, situé dans le département de la Meuse en région Grand Est (anciennement Lorraine), est un édifice public unique en France construit dans le style École de Nancy, mouvement emblématique de l’Art nouveau. Classé monument historique depuis 1992, il incarne l’alliance entre innovation artistique et promotion locale : sa construction fut décidée en 1900 pour mettre en valeur la pierre d’Euville, réputée pour avoir été utilisée à l’Opéra de Paris. Le projet, confié aux architectes Henry Gutton et Joseph Hornecker, membres de l’École de Nancy, fut retardé avant d’être achevé en 1909 avec l’intervention d’Eugène Vallin, qui redessina la façade pour y intégrer pleinement l’esthétique Art nouveau.

La façade, marquée par des lignes sinueuses et des nervures sculptées, révèle une volonté de transparence fonctionnelle : la grande baie vitrée centrale, ornée de vitraux d’Emmanuel Champigneulle, laisse entrevoir la salle du conseil municipal. L’édifice illustre l’« art total » prôné par l’École de Nancy, où architectes et artisans (comme Louis Majorelle pour les luminaires ou Jacques Gruber pour les vitraux) collaborent sans hiérarchie. À l’intérieur, la cage d’escalier, éclairée par un vitrail de Gruber, et la rampe en fer forgé signée Edgar Brandt témoignent de cette cohésion créative. Le mobilier, dont un bureau et une armoire de Vallin, fut classé en 2000.

L’histoire de l’hôtel de ville fut marquée par un incendie en 1994, détruisant partiellement l’édifice. La restauration, débutée en 1996 grâce à des fonds municipaux, s’acheva en 2007, redonnant à Euville son joyau Art nouveau. Les vitraux avaient déjà été protégés dès 1975, soulignant leur valeur patrimoniale. Ce monument symbolise à la fois le rayonnement économique d’Euville, lié à ses carrières de pierre, et l’audace culturelle d’une commune rurale adoptant un style avant-gardiste pour un bâtiment public.

Le choix de l’Art nouveau pour une mairie s’explique par la volonté de moderniser l’image d’Euville, alors prospère grâce à l’extraction de sa pierre calcaire. Les architectes ont fusionné les influences Renaissance (projet initial de Gutton) et les motifs organiques de l’École de Nancy, créant une synthèse unique. La saillie de la toiture, alignée sur la salle du conseil, et l’intégration des vitraux dans la structure reflètent cette recherche d’harmonie entre forme et fonction, principe cher à Vallin. L’édifice reste aujourd’hui un témoignage rare d’architecture publique Art nouveau en milieu rural.

Liens externes