Frise chronologique
1276
Premier beffroi en bois
Premier beffroi en bois
1276 (≈ 1276)
Tour de guet détruite par incendie.
1623
Reconstruction du beffroi
Reconstruction du beffroi
1623 (≈ 1623)
Financé par la famille de Croÿ.
1918
Destruction par les Allemands
Destruction par les Allemands
1918 (≈ 1918)
Dynamitage pendant la Première Guerre mondiale.
1922-1932
Reconstruction par Cordonnier
Reconstruction par Cordonnier
1922-1932 (≈ 1927)
Nouvel hôtel de ville et beffroi néo-flamand.
2001
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2001 (≈ 2001)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
2005
Classement UNESCO
Classement UNESCO
2005 (≈ 2005)
Patrimoine mondial des beffrois.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de ville en totalité (cad. AZ 337) : inscription par arrêté du 26 avril 2001
Personnages clés
| Louis Marie Cordonnier - Architecte |
Concepteur de la reconstruction (1922-1932). |
| Famille de Croÿ - Mécènes |
Financèrent le beffroi de 1623. |
| Baudouin de Comines - Seigneur local |
Initiateur du premier beffroi (1276). |
Origine et histoire
L’hôtel de ville de Comines, édifié entre 1922 et 1932 par l’architecte Louis Marie Cordonnier, remplace les bâtiments détruits pendant la Première Guerre mondiale. Le projet intègre un beffroi reconstruit à l’identique de celui de 1623, mais déplacé de quelques mètres et relié à l’hôtel de ville par une galerie. Ce beffroi, symbole historique de la ville depuis le XIIIe siècle, avait subi de multiples destructions (incendies, guerres) avant d’être dynamité par les Allemands en 1918. Sa reconstruction utilise des matériaux modernes comme la brique industrielle d’Orp-le-Grand et une charpente en béton, s’éloignant partiellement des techniques traditionnelles.
Le beffroi original, érigé en 1623 grâce au financement de la famille de Croÿ, était une tour carrée en pierre et brique, surmontée d’un bulbe caractéristique. Après sa destruction en 1918, les vestiges furent démolis sans conservation, empêchant une reconstruction fidèle. Le déclassement du monument en 1922 permit à Cordonnier une liberté totale pour adapter le design : le bulbe fut étiré (passant de 52 à 58 mètres), et des éléments comme les fenêtres latérales furent modifiés pour harmoniser l’ensemble avec le nouvel hôtel de ville. Malgré ces adaptations, le beffroi fut réinscrit aux Monuments Historiques en 2001 et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005.
L’hôtel de ville, de style néo-flamand, se distingue par ses briques jaunes orangées et ses vitraux évoquant l’histoire locale (seigneurs de Comines, industrie textile). Inauguré en 1929, il symbolise la reconstruction d’après-guerre, avec un coût total de 1,6 million de francs et une durée de chantier de dix ans. L’architecte Cordonnier, figure majeure de la reconstruction dans le Nord, y intégra des techniques modernes (béton armé, pierre reconstituée) tout en cherchant à préserver une esthétique historique. Aujourd’hui, l’ensemble forme un témoignage unique de l’architecture de l’entre-deux-guerres et de la résilience urbaine.
Le premier beffroi de Comines, mentionné dès 1276, était une tour de guet en bois détruite par un incendie trente ans plus tard. Reconstruit à plusieurs reprises (notamment en 1382 après un incendie flamand et en 1594 grâce à la famille de Croÿ), il devint un symbole municipal au XVIIe siècle avec l’ajout d’une halle formant le premier hôtel de ville. Sa destruction en 1918 marqua la fin d’un cycle de reconstructions successives, avant que le projet de Cordonnier ne lui donne une nouvelle vie, mêlant héritage et modernité.
La reconstruction de Comines s’inscrit dans un contexte régional marqué par des destructions massives pendant la Première Guerre mondiale. Plusieurs beffrois et hôtels de ville du Nord-Pas-de-Calais, classés Monuments Historiques, furent déclassés ou détruits sans protection (ex. : beffrois de Bergues, Orchies, ou hôtel de ville de Cassel). À Comines, le choix de déplacer le beffroi et de moderniser sa structure reflète une volonté de rupture avec le passé, tout en préservant son statut emblématique. L’inscription à l’UNESCO en 2005 consacre cette dualité entre mémoire et innovation.