Origine et histoire de l'Hôtel de ville
L’hôtel de ville de Lauterbourg, construit au 2e quart du XVIIIe siècle (1731), remplace deux maisons communes détruites par des incendies en 1678 et 1706. Le bâtiment, de plan rectangulaire, s’aligne sur l’enceinte médiévale de la ville et se distingue par son toit à croupes, son socle en grès, et une porte monumentale ornée d’un fronton cintré interrompu. Ce dernier, autrefois surmonté d’un triple écu aux armes de l’évêque de Spire Damien Hugues Philippe de Schoenborn (sous lequel l’édifice fut bâti), des chapitres de Wissembourg et de l’ordre Teutonique, fut probablement supprimé pendant la Révolution. La salle des séances, au premier étage, conserve un décor stuqué du XVIIIe siècle remanié au XIXe, tandis que le rez-de-chaussée abrite un vestibule voûté et un escalier en grès.
La porte d’entrée, datée de 1731, est classée monument historique depuis 1932 pour ses vantaux refaits à l’identique, ses ferrures anciennes, et sa grille en fer forgé de style Régence, ornée de feuilles d’acanthes et de lambrequins. Le sous-sol comprend une cave voûtée en berceau, et l’étage, décoré après 1872 sous l’impulsion du Kreisdirector Joseph von Stichaner, mêle motifs du XVIIIe siècle et ajouts ultérieurs. L’édifice, propriété de la commune, illustre l’architecture civile alsacienne sous influence épiscopale, entre héritage médiéval et classicisme.
Situé 21 rue de la Première-Armée à Lauterbourg (Bas-Rhin), l’hôtel de ville incarne le pouvoir municipal dans une ville frontalière marquée par son histoire rhénane. Sa construction s’inscrit dans une période de reconstruction après les destructions des XVIIe et XVIIIe siècles, reflétant à la fois la prospérité locale et les liens avec les autorités ecclésiastiques de Spire. Les matériaux (grès, stuc) et les décors (armoiries disparues, ferronneries) témoignent d’un savoir-faire artisanal et d’une volonté de prestige, caractéristique des hôtels de ville alsaciens de l’époque.
Les sources mentionnent une précision de localisation médiocre (note 5/10), mais confirment son adresse officielle et son statut de monument protégé. Les écus originaux, décrits dans un Mémoire de Benoît de Neuflieu, rappellent le rôle de l’évêque de Spire comme commanditaire, tandis que les transformations du XIXe siècle (décor de la salle des séances) soulignent son adaptation aux besoins administratifs modernes. Aujourd’hui, le bâtiment reste un symbole du patrimoine lauterbourgeois, ouvert à la visite dans le cadre de ses fonctions municipales.