Origine et histoire de l'Hôtel de ville
L’hôtel de ville de Montbéliard, situé place Saint-Martin, remplace un ancien édifice médiéval construit vers 1470. Sa reconstruction est décidée au XVIIIe siècle pour moderniser le siège du pouvoir municipal. L’ingénieur Pierre-Louis-Philippe de la Guêpière en conçoit les plans, tandis que l’inspecteur Georges Louis Morel simplifie le projet initial. La démolition de l’ancien bâtiment commence en mars 1776, et la première pierre du nouvel hôtel de ville est posée le 23 mai 1776. Après deux ans de travaux menés par l’entrepreneur Claude Jannin et son fils Prothade, l’inauguration a lieu le 13 novembre 1778.
Le bâtiment néoclassique se distingue par son fronton orné des armes de Montbéliard et de la devise « Dieu seul est mon appuy ». Une cloche en bronze, classée monument historique en 1928, trône dans le clocheton au-dessus de l’entrée principale. Elle porte une inscription latine en gothique : « Ave Maria gracia plena Dominus tecum benedicta tu in mulieribus ». Le balcon de la façade et la rampe de l’escalier intérieur, œuvres du sculpteur Ganzer, sont également classés la même année. L’édifice symbolise l’influence des princes de Montbéliard, comme en témoignent les armes princières sculptées par Glorieux.
En 1858, une aile est ajoutée pour accueillir un théâtre à l’italienne, conçu par l’architecte local Auguste Goguel. D’une capacité de 500 places, il comprend un parterre et deux balcons, ornés de peintures décoratives signées Charles-Antoine Cambon et Joseph-François Désiré Thierry. Ce théâtre, comme le reste de l’hôtel de ville, est protégé au titre des monuments historiques : l’édifice principal est inscrit depuis 1939, tandis que la salle de spectacle, son vestibule et son décor intérieur le sont depuis 1992.
L’hôtel de ville incarne aussi des événements marquants, comme la réception du grand-duc de Russie le 18 août 1782, quelques années après son achèvement. Les artisans ayant contribué à sa construction incluent le charpentier Georges Curie, le gypseur italien Gillardet, et le serrurier strasbourgeois Jean-Baptiste Pertois. Ces détails reflètent le mélange d’influences locales et européennes dans l’architecture montbéliardaise de l’époque.
Avant sa reconstruction, l’ancien hôtel de ville, mentionné dès 1398, avait subi plusieurs modifications, dont une tour haussée en 1562 et des agrandissements par l’acquisition d’un cabaret en 1523. Les jardins, écuries et autres dépendances, visibles sur des plans de 1715 et 1718, témoignent de son importance dans la vie communautaire. Aujourd’hui, l’édifice reste un symbole du patrimoine municipal et culturel de Montbéliard, alliant fonctions administratives et artistiques.