Frise chronologique
1292
Première mention d'une maison de ville
Première mention d'une maison de ville
1292 (≈ 1292)
Origine médiévale du bâtiment communal.
1485–1520
Construction gothique flamboyant
Construction gothique flamboyant
1485–1520 (≈ 1503)
Dirigée par Matthieu Réaulme, architecte.
1552
Incendie partiel
Incendie partiel
1552 (≈ 1552)
Corps de logis restauré, beffroi abandonné.
1689
Transformation classique
Transformation classique
1689 (≈ 1689)
Rénovation par Pierre Binard.
1875
Premier classement monument historique
Premier classement monument historique
1875 (≈ 1875)
Protection initiale du bâtiment.
1918
Dévastation pendant la Grande Guerre
Dévastation pendant la Grande Guerre
1918 (≈ 1918)
Restauration ultérieure en béton.
1935
Déclassement partiel
Déclassement partiel
1935 (≈ 1935)
Suite à la démolition de maisons voisines.
1998 et 2004
Nouvelle protection
Nouvelle protection
1998 et 2004 (≈ 2004)
Inscription puis classement définitif.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures de l'hôtel de ville (cad. AL 132, 133) : classement par arrêté du 29 mars 2004
Personnages clés
| Matthieu Réaulme - Architecte |
Dirigea la construction gothique (1485–1520). |
| Pierre Binard - Architecte |
Transforma l’hôtel en style classique (1689). |
| Émile Pinchon - Sculpteur |
Auteur des bas-reliefs de l’Exposition Coloniale (1931). |
| Joseph Porphyre Pinchon - Peintre et illustrateur |
Créateur de *Bécassine*, auteur d’une toile (1919). |
| Jacques Sarazin - Sculpteur (XVIe siècle) |
Statue exposée dans l’hôtel de ville. |
Origine et histoire
L’hôtel de ville de Noyon trouve ses origines au Moyen Âge, avec une première mention d’une maison de ville en 1292, remplacée par un bâtiment gothique flamboyant construit entre 1485 et 1520 sous la direction de l’architecte Matthieu Réaulme. Un incendie en 1552 détruisit partiellement l’édifice, épargnant cependant le corps de logis, tandis que le beffroi, reconstruit à plusieurs reprises depuis 1293, ne fut jamais rétabli. La façade conserve des décors sculptés du XVIe siècle, mêlant animaux réels et fantastiques, ainsi que des motifs végétaux, témoignages de son style flamboyant.
Au XVIIe siècle, l’architecte Pierre Binard transforma l’hôtel de ville dans un style classique, ajoutant des éléments comme des balustrades, des lucarnes et un campanile. Classé monument historique en 1875, le bâtiment échappa à une restauration médiévalisante jugée trop coûteuse. Dévasté lors des combats de 1918, il fut restauré dans les années 1920-1930, avec une charpente en béton et une extension moderne pour les services administratifs. Cependant, la démolition de maisons voisines des XVIIe et XVIIIe siècles en 1935 entraîna son déclassement, avant une nouvelle protection en 1998 puis 2004.
L’intérieur abrite des œuvres artistiques majeures, dont sept toiles marouflées (1942-1943) illustrant l’histoire locale, réalisées par Largeteau, Hoffmann et Beaupuy. On y trouve aussi des bas-reliefs d’Émile Pinchon (Exposition Coloniale de 1931), une toile de Guyenot (Travaux des Champs, 1944), et une peinture de Joseph Porphyre Pinchon commémorant la remise de la Croix de guerre à Noyon en 1919. Le salon d’honneur expose l’Évangéliaire de Morienval, manuscrit carolingien, et une statue de Jacques Sarazin, sculpteur noyonnais du XVIe siècle.
La façade orientale, plus sobre, présente une tourelle d’escalier octogonale dite la belle montée, tandis que la façade principale, ornée de niches vides et d’arcatures, porte les traces des mutilations révolutionnaires sur ses symboles monarchiques. Malgré les restaurations, le décor sculpté du XVIe siècle reste aujourd’hui très altéré, reflétant les vicissitudes d’un monument marqué par les incendies, les guerres et les transformations architecturales.