Frise chronologique
1144
Charte communale de Rouen
Charte communale de Rouen
1144 (≈ 1144)
Création de la commune des marchands.
1220-1251
Construction du beffroi
Construction du beffroi
1220-1251 (≈ 1236)
Symbole du pouvoir communal, détruit en 1382.
1389
Inauguration du Gros-Horloge
Inauguration du Gros-Horloge
1389 (≈ 1389)
Remplace le beffroi rasé après la Harelle.
1607
Reconstruction par Jacques Gabriel
Reconstruction par Jacques Gabriel
1607 (≈ 1607)
Style florentin sur caves gothiques.
1800
Installation dans l’abbaye Saint-Ouen
Installation dans l’abbaye Saint-Ouen
1800 (≈ 1800)
Ancien dortoir des moines transformé.
1926
Incendie de l’hôtel de ville
Incendie de l’hôtel de ville
1926 (≈ 1926)
Archives brûlées, reconstruction en 1928.
1944
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
1944 (≈ 1944)
Dégâts majeurs, escalier sud détruit.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades sur la rue du Gros-Horloge, n°s 60 à 68 et n° 1 rue Thouret, y compris le retour au nord ainsi que les toitures correspondantes (cad. 9 705 à 710, 737) : inscription par arrêté du 15 avril 1966
Personnages clés
| Jacques I Gabriel - Architecte |
Reconstruit l’hôtel en 1607, style florentin. |
| Antoine Mathieu Le Carpentier - Architecte |
Projet avorté de 1758 pour un nouvel hôtel. |
| Edmond Lair - Architecte |
Reconstruction après l’incendie de 1926. |
| Maxime Old - Architecte d’intérieur |
Modernisation des salles en 1960. |
| Raoul Ubac - Artiste |
Tapisseries de la galerie (1960). |
Origine et histoire
L’hôtel de ville de Rouen a connu plusieurs emplacements avant son installation définitive en 1800. Dès le XIIe siècle, la municipalité s’installe probablement dans la Halle aux Marchands, près de l’église Saint-Éloi, après l’obtention de la charte communale en 1144. Ce lieu symbolisait le pouvoir croissant des marchands rouennais, organisés en commune sous l’autorité royale.
Au XIIIe siècle, l’administration s’installe dans l’hôtel du Gros-Horloge, sur un fief concédé par Philippe-Auguste. Un beffroi, symbole de l’autonomie communale, y est édifié entre 1220 et 1251, abritant deux cloches emblématiques : la Cache-Ribaud (1 900 kg, 1251) et la Rouvel (1 200 kg, 1259). En 1382, après la révolte de la Harelle, Charles VI fait raser le beffroi, mais une horloge monumentale le remplace dès 1389, devenant un repère urbain majeur.
L’hôtel de ville est reconstruit en 1607 par Jacques I Gabriel dans un style florentin, sur les caves gothiques du précédent édifice. Au XVIIIe siècle, malgré des agrandissements, les locaux deviennent exiguës. Un projet ambitieux d’Antoine Mathieu Le Carpentier (1758-1765), prévoyant une place royale et une statue de Louis XV, est abandonné faute de fonds. Seules des fondations subsistent rue Thomas-Corneille.
Entre 1791 et 1800, la mairie occupe l’hôtel de la Première Présidence, détruit en 1944. Depuis 1800, elle s’installe dans l’ancienne abbaye Saint-Ouen, désaffectée en 1790. Le dortoir des moines, transformé par les architectes Defrance et Le Brument, devient un édifice néoclassique avec péristyle et fronton. Incendié en 1926, il est reconstruit en 1928 par Edmond Lair, puis endommagé lors des bombardements de 1944.
La façade sur jardin, classée en 1948, et les éléments intérieurs (salle des mariages, escalier nord) témoignent de son histoire mouvementée. En 1960, Maxime Old modernise les salles du conseil municipal, collaborant avec des artistes comme Raoul Ubac pour les tapisseries. Aujourd’hui, l’hôtel de ville allie héritage médiéval, reconstructions classiques et traces des conflits du XXe siècle.