Origine et histoire de l'Hôtel de ville
L’hôtel de ville de Tourcoing, construit entre 1866 et 1885, remplace une ancienne halle échevinale du XVIe siècle et un hôtel de ville du XVIIIe siècle, devenus trop exigus pour une ville en pleine expansion industrielle. Ce monument reflète l’essor démographique et économique de Tourcoing, passée de 12 000 à 40 000 habitants entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Son emplacement, décalé de la Grand’Place traditionnelle, fut critiqué pour son éloignement perçu comme « à la campagne ».
Le projet initial, confié à l’architecte parisien Léon Rohard après un concours national en 1861, fut jugé trop ambitieux. Un second concours en 1862 désigna finalement Charles Maillard, architecte local, dont les plans combinèrent classicisme français et ornements flamands. Les travaux, ralentis par des contraintes budgétaires, s’achevèrent en 1885, avec des modifications posthumes supervisées par Louis Le Blan après la mort de Maillard en 1875.
La façade, organisée sur trois niveaux, mêle ordres ionique et corinthien, bossages alternés, et sculptures allégoriques (cariatides, angelots, guirlandes). Le dôme central, inspiré des beffrois flamands, domine une place rebaptisée Victor Hassebroucq. L’intérieur, centré sur un hall zénithal, abrite des salles dédiées à la justice de paix, aux mariages, et au conseil municipal. Les décors intérieurs, achevés entre 1905 et 1912, complètent cet édifice inscrit aux Monuments Historiques en 1981.
L’ancien hôtel de ville, désaffecté en 1885, fut transformé en bourse de commerce avant d’être rasé en 1900. Le nouvel édifice, aligné avec l’ancienne Chambre de Commerce (beffroi), symbolise la transition de Tourcoing vers une modernité industrielle, tout en ancrant son identité architecturale dans l’héritage flamand. Aujourd’hui, il reste un lieu central de la vie civique et un témoignage du patrimoine urbain des Hauts-de-France.