Origine et histoire de l'Hôtel de ville
L’hôtel de ville de Tours, conçu par l’architecte Victor Laloux, fut érigé entre 1896 et 1904 à la limite du Vieux-Tours, le long de la rue Nationale. Ce bâtiment imposant, disproportionné par rapport à la place Jean-Jaurès et au palais de Justice voisin, visait à incarner les valeurs républicaines et le prestige de la municipalité. Son architecture et son aménagement évoquent un style parisien, avec une façade ornée de sculptures allégoriques et un intérieur somptueux, dont un quart du budget total (2,36 millions de francs) fut consacré à la décoration.
La façade présente quatre atlantes de François Sicard, deux cariatides (le Jour et la Nuit) d’Émile Joseph Nestor Carlier, et des figures allégoriques de la Loire et du Cher par Jean-Antoine Injalbert. Les ailes latérales abritent des sculptures symbolisant le Courage, la Force, l’Éducation et la Vigilance, réalisées par Jean-Baptiste Hugues et Alphonse Cordonnier. Henri Varenne, qui perçut 334 000 francs, signa l’essentiel des autres décors. À l’intérieur, le péristyle, l’escalier monumental (abritant un monument aux morts), la salle des fêtes et la salle des mariages sont richement ornés, tandis que la salle du conseil municipal expose un triptyque sur Jeanne d’Arc par Jean-Paul Laurens (1901–1903).
Le projet initial fut proposé en 1889 par Henri Racine, mais rejeté. Victor Laloux soumit deux projets en 1896, le second étant approuvé en mars. Les travaux, adjugés en 1897, débutèrent avec la pose de la première pierre par le président Félix Faure en mai 1898. Le campanile fut achevé en 1899, la couverture en 1901, et l’inauguration eut lieu en septembre 1904. Au XXe siècle, une extension moderne fut construite derrière la façade historique, reliée par une passerelle. La toiture servit même de modèle pour restaurer l’hôtel de ville de Montréal après son incendie en 1922.
Classé Monument Historique en 1975 pour ses façades, toitures, escalier d’honneur et salle des fêtes, l’édifice mêle symbolisme républicain et références locales. Les médaillons du mur nord honorent des personnalités liées à la Touraine, tandis que les éléments protégés soulignent son importance patrimoniale. Propriété de la commune, il reste un emblème architectural et politique de Tours.