Origine et histoire
L'hôtel de ville de Valence, situé 1 place de la Liberté, est la mairie de la préfecture de la Drôme ; il abrite les bureaux du maire, le conseil municipal et les services administratifs. Conçu par les architectes Henri Bertsch-Proust et Paul Bischoff, il se trouve au cœur du centre-ville piétonnier, face au théâtre, entre la rue du Dauphiné à l'ouest, la rue Madier-de-Montjau au nord, la rue Émile-Augier et la place de l'Hôtel-de-Ville à l'est, et la place de la Liberté au sud. Inauguré en 1894 par le maire Jean‑François Malizard, l'édifice illustre l'éclectisme architectural de la fin du XIXe siècle. Sa silhouette se distingue par un beffroi, clocher laïque inspiré librement des clochers romans et symbole de l'indépendance de la ville à l'égard de son suzerain. La façade présente une ordonnance très verticale, des fenêtres à meneaux et croisillons de style gothique et un toit de tuiles multicolores évoquant les tuiles vernissées de Bourgogne. Le rez-de-chaussée, avec ses ouvertures en plein cintre, renvoie à l'architecture classique française, de même que l'articulation générale avec un corps central en avancée et des pavillons latéraux perpendiculaires. Conçus sous la Troisième République, les hôtels de ville de cette époque cherchaient à exalter les valeurs républicaines, ce dont témoigne ce mélange de références historiques. L'aménagement intérieur est particulièrement soigné : l'escalier monumental du hall mène au "bel étage", où l'architecture, le mobilier et le décor reprennent un vocabulaire médiéval et renaissant remis au goût du jour par Eugène Viollet‑le‑Duc. On y trouve des plafonds à caissons peints, une cheminée postiche, des lustres monumentaux, des vitraux, du mobilier sculpté et des cuirs décorés de griffons imitant la Renaissance. Les salles des mariages, de délibération et le bureau du maire conservent leurs décors d'origine, notamment peintures murales, mosaïques et plafonds peints. Au Moyen Âge, les premières assemblées municipales se tenaient dans le quartier Saint‑Jean, le Vieux Valence, alors centre artisanal et économique ; il n'existait pas d'édifice spécifiquement dédié aux fonctions municipales jusqu'au XIXe siècle. La vétusté du bâtiment précédent a conduit la municipalité à lancer un concours ; le 30 avril 1890, les architectes Bertsch et Proust‑Bischoff furent retenus. La reconstruction s'inscrit dans un vaste mouvement de rénovation et d'embellissement de la ville ; en 1891, alors que les fondations venaient d'être achevées, les travaux furent momentanément arrêtés pour réexaminer l'emplacement et tenir compte du prestige des nouveaux boulevards, mais le projet de réhabilitation du centre ancien l'emporta finalement. L'hôtel de ville a été inscrit au titre des monuments historiques en 2018. En 1998, le grimpeur Alain Robert a escaladé la façade à mains nues. Pour limiter les déplacements vers le centre, la municipalité a créé dans les années 1990 cinq mairies annexes à Fontbarlettes, Le Plan, Centre‑ville, Valence Sud et Chamberlière, qui assurent certains services administratifs délégués par l'hôtel de ville.