Hôtel de Warenghien de Flory à Douai dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel de Warenghien de Flory à Douai

  • 250 Rue Morel
  • 59500 Douai
Crédit photo : This illustrationwas made byPeter Potrowl. Please - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1754
Acquisition du terrain
1780
Vente à l'abbesse
1791
Acquisition par Warenghien
1815
Départ de Lahure
1845
Vente à Charles de Warenghien
1944
Bombardement et classement
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'hôtel et son jardin : inscription par arrêté du 18 août 1944

Personnages clés

Georges Durand Architecte et entrepreneur ayant acquis le terrain et construit l'hôtel.
Bathilde de Saint Aldégonde Abbesse ayant acheté l'hôtel en 1780.
Louis-Joseph de Warenghien de Flory Ancien conseiller au Parlement de Flandre et propriétaire de l'hôtel en 1791.
Louis-Joseph Lahure Gouverneur militaire du Nord ayant séjourné dans l'hôtel.
Charles de Warenghien Président de chambre à la cour de Douai et propriétaire de l'hôtel en 1845.
Manfred von Richthofen Pilote allemand ayant séjourné dans l'hôtel pendant la Première Guerre mondiale.

Origine et histoire de l'Hôtel de Warenghien de Flory

L'Hôtel de Warenghien de Flory, hôtel particulier situé à Douai (Nord), est un bâtiment classé monument historique et témoigne du goût français qui s'est développé à la fin de l'Ancien Régime et au XIXe siècle dans la ville. Le terrain de la rue de la porte Morel fut acquis le 27 juillet 1754 par Georges Durand, seigneur d'Elecourt, architecte et entrepreneur des fortifications, capitaine des écluses et du Fort de Scarpe, auprès du sieur Mauroy, directeur des fourrages de Douai. Le 21 janvier 1780, Durand d'Elecourt vendit l'hôtel à Bathilde de Saint Aldégonde, abbesse de l'abbaye royale de Flines ; la communauté souhaitait un lieu plus sain et plus commode que son refuge douaisien antérieur, mais le projet ne se réalisa pas et le bâtiment fut ensuite loué au sieur Ranst de Berchem, magistrat du Parlement de Douai. Respectueux du règlement de 1718, l'édifice illustre le style français adopté à Douai au XVIIIe siècle. Sur la rue, le rez-de-chaussée présente une gresserie, un soubassement en grès ; au-dessus, la façade à deux étages est percée de hautes fenêtres, avec arcatures et jambages en calcaire, tandis que les trumeaux en briques rejointoyées sont protégés d'un badigeon de chaux. Le grand côté du quadrilatère s'aligne sur la voie, contrairement à la disposition flamande, et la façade donnant sur le parc, plus ouvragée et d'influence italienne, pourrait être postérieure à la construction initiale. Devenu bien national, l'hôtel fut acquis en 1791 par Louis‑Joseph de Warenghien de Flory, ancien conseiller au Parlement de Flandre et procureur général syndic du département du Nord. Proche de Merlin de Douai, il fut inquiété sous la Terreur, exerça des responsabilités sous le Directoire, puis revint sous l'Empire comme procureur général puis président de la Cour. L'hôtel abrita son gendre, le lieutenant général baron Louis‑Joseph Lahure, gouverneur militaire du Nord ; celui‑ci quitta Douai en juillet 1815 après avoir négocié un cessez‑le‑feu avec la coalition autrichienne et, menacé par un mandat d'arrêt, partit protégé par un contingent de cosaques commandé par des officiers anglais qui l'accompagnèrent jusqu'à Bruxelles. En 1824, Louis‑Philippe baron de Warenghien de Flory, ancien commissaire des guerres et maire de Douai, devint propriétaire ; il vendit l'hôtel en janvier 1845 à son fils Charles, président de chambre à la cour de Douai et conseiller municipal. Pendant la Première Guerre mondiale, l'édifice fut réquisitionné pour loger des pilotes allemands rattachés aux escadrilles basées à Douai ; Manfred von Richthofen y séjourna. À la libération de Douai, la famille de Warenghien retrouva l'hôtel en mauvais état. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il fut de nouveau réquisitionné et partiellement soufflé lors du bombardement américain du 12 août 1944 visant la gare ; les communs furent détruits. Le classement du 18 août 1944 permit une reconstruction soignée sous l'impulsion de Gérard, baron de Warenghien, en collaboration avec l'architecte en chef des Monuments historiques. Transmis à ses descendants, l'hôtel appartient toujours à la famille de Warenghien, aujourd'hui à Florence de Warenghien, épouse du vicomte Aimery de Foulhiac de Padirac.

Liens externes