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Frise chronologique
1754
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1754 (≈ 1754)
Acquisition du terrain par Georges Durand.
21 janvier 1780
Vente à l’abbaye de Flines
Vente à l’abbaye de Flines
21 janvier 1780 (≈ 1780)
Achat par Bathilde de Saint Aldégonde.
1791
Acquisition par les Warenghien
Acquisition par les Warenghien
1791 (≈ 1791)
Louis Joseph de Warenghien achète l’hôtel.
1914-1918
Réquisition allemande
Réquisition allemande
1914-1918 (≈ 1916)
Logement des pilotes, dont Richthofen.
18 août 1944
Classement monument historique
Classement monument historique
18 août 1944 (≈ 1944)
Protection après bombardements de 1944.
12 août 1944
Bombardement allié
Bombardement allié
12 août 1944 (≈ 1944)
Dégâts majeurs sur le bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel et son jardin : inscription par arrêté du 18 août 1944
Personnages clés
| Georges Durand - Architecte et entrepreneur |
Constructeur initial de l’hôtel en 1754. |
| Bathilde de Saint Aldégonde - Abbesse de Flines |
Acheteuse en 1780 pour l’abbaye. |
| Louis Joseph de Warenghien de Flory - Procureur général syndic |
Acquiert l’hôtel en 1791. |
| Louis-Joseph Lahure - Général et gouverneur militaire |
Gendre de Warenghien, occupant en 1815. |
| Manfred von Richthofen - Pilote allemand (Baron rouge) |
Séjourna durant la Première Guerre. |
| Gérard de Warenghien - Propriétaire post-1944 |
Supervisa la restauration après-guerre. |
Origine et histoire
L’Hôtel de Warenghien de Flory, situé rue de la porte Morel à Douai, fut construit en 1754 par Georges Durand, seigneur d’Elecourt, architecte et entrepreneur des fortifications. Acquis comme terrain pour 5 000 florins, l’hôtel fut conçu selon les règles architecturales de 1718, reflétant le style français dominant après l’installation du Parlement de Flandre à Douai en 1713. Sa façade sobre sur rue contraste avec une élégante cour intérieure de style italien, typique des demeures douaisiennes de l’époque.
En 1780, l’hôtel fut vendu à Bathilde de Saint Aldégonde, abbesse de Flines, qui envisageait d’y installer un refuge pour sa communauté religieuse, projet finalement abandonné. Loué à un magistrat du Parlement de Douai, le bâtiment devint bien national en 1791 avant d’être acquis par Louis Joseph de Warenghien de Flory, ancien conseiller au Parlement de Flandre. Ce dernier, proche de Merlin de Douai, y abritera son gendre, le général Lahure, avant que la famille ne le transmette sur plusieurs générations.
L’hôtel connut des réquisitions militaires lors des deux guerres mondiales : il abritera des pilotes allemands, dont Manfred von Richthofen, durant la Première Guerre, puis subit des dégâts majeurs en 1944 lors d’un bombardement allié visant la gare voisine. Classé monument historique le 18 août 1944, il fut restauré sous la direction de Gérard de Warenghien et de l’architecte en chef des Monuments historiques. Toujours propriété de la famille de Warenghien après plus de deux siècles, il incarne l’histoire du Douaisis.
Architecturalement, l’hôtel illustre la transition entre les influences flamandes et françaises, avec une façade en grès et calcaire ornée de briques jointoyées. Son quadrilatère, aligné sur la voie publique à l’inverse des traditions locales, et sa cour intérieure plus ouvragée, soulignent cette dualité. Les archives mentionnent également son rôle dans la vie judiciaire et militaire de Douai, depuis le Parlement de Flandre jusqu’à l’occupation allemande.
Les sources historiques, dont les travaux de Duthillœul (1860) et les archives de Dinaux, confirment son importance patrimoniale. Aujourd’hui, l’Hôtel de Warenghien de Flory reste un témoignage préservé de l’aristocratie douaisienne, lié à des figures comme Lahure ou les Warenghien, et un symbole de résilience face aux conflits du XXe siècle.