Frise chronologique
1292
Construction initiale
Construction initiale
1292 (≈ 1292)
Première version par Guillaume IV de Putot.
XVIe siècle
Reconstruction
Reconstruction
XVIe siècle (≈ 1650)
Rebâti dans le style Renaissance.
1699
Mort de Nicolas Boucot
Mort de Nicolas Boucot
1699 (≈ 1699)
Décès du bibliophile résident.
1766-1790
Dépôt des archives de Lorraine
Dépôt des archives de Lorraine
1766-1790 (≈ 1778)
Conservation avant transfert aux Archives nationales.
18 février 1947
Inscription des façades
Inscription des façades
18 février 1947 (≈ 1947)
Protection des façades et toitures.
5 janvier 1948
Classement de la tourelle
Classement de la tourelle
5 janvier 1948 (≈ 1948)
Protection de la tourelle d’angle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 18 février 1947 ; La tourelle d'angle : classement par arrêté du 5 janvier 1948
Personnages clés
| Guillaume IV de Putot - Abbé de Fécamp |
Commanditaire de l’hôtel en 1292. |
| Capitaine Godin de Sainte-Croix - Amant de la marquise de Brinvilliers |
Résident au XVIIe siècle. |
| Marquise de Brinvilliers - Noble impliquée dans l’affaire des poisons |
Fréquentait l’hôtel via Sainte-Croix. |
| Nicolas Boucot - Bibliophile |
Possédait 18 000 livres dans l’hôtel. |
| Stanislas Leszczyński - Duc de Lorraine |
Ses archives y furent entreposées. |
Origine et histoire
L’hôtel des abbés de Fécamp, situé au 5 rue Hautefeuille dans le 6e arrondissement de Paris, trouve ses origines au XIIIe siècle. Construit en 1292 par Guillaume IV de Putot, abbé de la Trinité de Fécamp, il occupait alors l’angle de la rue Hautefeuille et de l’actuelle impasse Hautefeuille. Ce premier bâtiment, conçu comme une résidence pour les abbés normands, reflétait leur influence dans la capitale.
Au XVIe siècle, l’hôtel est entièrement reconstruit, intégrant des éléments architecturaux Renaissance tout en conservant des traces de son passé médiéval. La tourelle d’angle, ou échauguette, datée du début de ce siècle, est un vestige remarquable : son encorbellement sculpté en dentelles et sa corniche ornée de perles et d’entrelacs témoignent du savoir-faire artisanal de l’époque. Malgré les dégradations subies au fil des siècles, ces détails décoratifs subsistent partiellement.
Au XVIIe siècle, l’hôtel accueille des figures marquantes. Le capitaine Godin de Sainte-Croix, amant de la marquise de Brinvilliers — célèbre pour son implication dans l’affaire des poisons —, y réside. Plus tard, Nicolas Boucot, bibliophile renommé, y installe sa collection de plus de 18 000 livres et 7 000 estampes jusqu’à sa mort en 1699. Le bâtiment sert également, entre 1766 et 1790, à abriter les archives de Lorraine après le décès de Stanislas Leszczyński, avant leur transfert aux Archives nationales.
Sur le plan architectural, l’hôtel se distingue par sa tourelle en cul-de-lampe, classée monument historique en 1948, tandis que ses façades et toitures sont inscrites depuis 1947. Ces protections soulignent la valeur patrimoniale d’un édifice ayant traversé les époques, mêlant histoire religieuse, scandales aristocratiques et préservation culturelle.