Frise chronologique
vers 1150
Construction initiale
Construction initiale
vers 1150 (≈ 1150)
Premier hôtel sur l’emplacement actuel.
1187
Assises du comte Geoffroy
Assises du comte Geoffroy
1187 (≈ 1187)
Événement politique dans l’ancien hôtel.
10 avril 1240
Édit de Jean Ier
Édit de Jean Ier
10 avril 1240 (≈ 1240)
Chasse des Juifs du duché signé ici.
1309
États de Bretagne
États de Bretagne
1309 (≈ 1309)
Réunion politique dans la demeure.
1498
Vente à Jean Mouillard
Vente à Jean Mouillard
1498 (≈ 1498)
Passage à un propriétaire privé.
XVIe siècle
Reconstruction de l’hôtel actuel
Reconstruction de l’hôtel actuel
XVIe siècle (≈ 1650)
Style Renaissance et pans de bois.
9 juin 1925
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
9 juin 1925 (≈ 1925)
Protection de l’édifice (sauf parties classées).
31 octobre 1931
Classement partiel
Classement partiel
31 octobre 1931 (≈ 1931)
Façade, toiture et cheminées protégées.
12 juin 1944
Bombardement allié
Bombardement allié
12 juin 1944 (≈ 1944)
Dégâts majeurs (toiture, pans de bois).
1976 (déclaration citée)
Mention comme *hôtel de l’Écu de France*
Mention comme *hôtel de l’Écu de France*
1976 (déclaration citée) (≈ 1976)
Usage comme auberge au XVIIe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel (à l'exception des parties classées) (cad. AC 373) : inscription par arrêté du 9 juin 1925 - La façade sur rue, la toiture et les cheminées (cad. AC 373) : classement par arrêté du 31 octobre 1931
Personnages clés
| Geoffroy (comte de Bretagne) - Comte de Bretagne |
Y tient ses assises en 1187. |
| Jean Ier (duc de Bretagne) - Duc de Bretagne |
Signe l’édit chassant les Juifs (1240). |
| Jean Mouillard - Propriétaire privé (à partir de 1498) |
Acheteur de l’hôtel après les ducs. |
| Duc de Mercœur - Noble breton |
Armes présentes sur une cheminée. |
| Marquis de Bellevüe - Historien local (XVIIe siècle) |
Cite l’hôtel comme *Écu de France* (1676). |
Origine et histoire
L’hôtel des Ducs de Bretagne, situé à Ploërmel dans le Morbihan, est un hôtel particulier dont l’origine remonte à une première construction vers 1150. Ce lieu a accueilli plusieurs ducs de Bretagne jusqu’au XIVe siècle, qui y ont séjourné et signé des actes officiels, comme les assises du comte Geoffroy en 1187 ou l’édit de Jean Ier chassant les Juifs du duché en 1240. Au XVe siècle, après avoir été délaissé au profit du couvent des Carmes, l’édifice est vendu à un particulier, Jean Mouillard, en 1498. L’hôtel actuel, reconstruit au XVIe siècle, conserve des éléments architecturaux médiévaux et Renaissance, comme ses façades en pans de bois et son escalier à vis extérieur.
Au XVIIe siècle, la demeure devient une auberge sous le nom d’hôtel de l’Écu de France. Son architecture mêle des caractéristiques défensives (mur ouest accolé aux remparts de la ville, meurtrières) et des éléments civils (galerie en bois, cheminées ornées, dont une aux armes du duc de Mercœur). L’édifice subit des dommages lors du bombardement allié du 12 juin 1944, nécessitant des restaurations ultérieures, notamment pour ses pans de bois et sa charpente. Classé monument historique en 1925 (inscription) puis partiellement en 1931 (façade, toiture, cheminées), il illustre l’évolution des usages d’un bâtiment ducal à travers les siècles.
L’hôtel se distingue par son plan en équerre et ses quatre pavillons, dont le corps principal compte trois niveaux plus des combles. La façade sur la rue Beaumanoir, en pierre au rez-de-chaussée et en pans de bois aux étages, présente une porte en plein cintre surmontée d’un œil-de-bœuf et flanquée d’un pilastre à chapiteau composite. À l’intérieur, les pièces, reliées par une galerie, abritent des cheminées remarquables, comme celle ornée du monogramme du duc de Mercœur. Les façades ouest, intégrées aux anciennes fortifications, rappellent le rôle stratégique de Ploërmel, ville close dont l’enceinte est encore partiellement visible.
Les sources historiques soulignent l’importance politique de ce lieu : en 1309, il accueille les États de Bretagne, et en 1580, l’acte réformant la coutume y est signé. Ces événements reflètent son statut de résidence ducale avant son déclin au XVe siècle. La déclaration de 1676 par le marquis de Bellevüe confirme son usage ultérieur comme auberge, tandis que les dommages de 1944 et les restaurations modernes (comme le refait partiel des pans de bois) témoignent de sa préservation continue. Aujourd’hui propriété de la commune, l’hôtel allie patrimoine médiéval, Renaissance et mémoire urbaine.