Frise chronologique
1756
Achat royal des parcelles
Achat royal des parcelles
1756 (≈ 1756)
Début du projet de construction par Louis XV.
1759-1764
Construction du corps central
Construction du corps central
1759-1764 (≈ 1762)
Dirigée par Jean-Gabriel Legendre.
1792-1794
Occupation par les hussards
Occupation par les hussards
1792-1794 (≈ 1793)
Dégâts pendant la Révolution.
1800
Devenu préfecture de la Marne
Devenu préfecture de la Marne
1800 (≈ 1800)
Changement de fonction après la Révolution.
1846-1848
Agrandissement des ailes
Agrandissement des ailes
1846-1848 (≈ 1847)
Extensions sur les rues Carnot et Jessaint.
1930
Classement monument historique
Classement monument historique
1930 (≈ 1930)
Protection des façades et intérieurs.
1er juin 2002
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1er juin 2002 (≈ 2002)
Endommage le corps de logis principal.
2007
Fin des travaux de restauration
Fin des travaux de restauration
2007 (≈ 2007)
Réhabilitation post-incendie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des bâtiments, façades et interieurs, ainsi que le mur de clôture avec son grand portail sur la rue Carnot, qui bordent les 4 côtés de la cour d'honneur. Les façades et les toitures en bordure de la rue Carnot des deux ailes du bâtiment élevées de chaque côté des bâtiments de la cour d'honneur : classement par arrêté du 28 janvier 1930
Personnages clés
| Jean-Gabriel Legendre - Ingénieur des ponts et chaussées |
Dirige la construction du corps central (1759-1764). |
| Jean-Baptiste Bochet de Coluel - Architecte collaborateur |
Réalise les ailes et le cours d’Ormesson. |
| Barberie de Saint Contest - Intendant de Champagne (1756) |
Initiateur du projet sous Louis XV. |
| Nicolas Durand - Collaborateur architecte |
Participe aux plans initiaux. |
| Jean Evangéliste Poterlet - Collaborateur architecte |
Impliqué dans la conception. |
Origine et histoire
L’Hôtel des Intendants de Champagne trouve ses origines dans la volonté du roi Louis XV d’offrir un siège digne aux représentants de l’autorité royale en Champagne. En 1756, le souverain acquiert des parcelles dans le centre de Châlons-en-Champagne pour y ériger un bâtiment adapté aux fonctions de l’intendant, remplaçant les hôtels particuliers vétustes occupés jusqu’alors. Les travaux, confiés à l’ingénieur Jean-Gabriel Legendre, débutent en 1759 et s’achèvent en 1764 pour le corps central, tandis que les ailes et le cours d’Ormesson sont réalisés par Jean-Baptiste Bochet de Coluel. L’édifice, de style classique, symbolise le pouvoir royal provincial.
À la Révolution, le bâtiment est transformé en caserne pour un régiment de hussards entre 1792 et 1794, ce qui entraîne des dégradations importantes. En 1800, il devient la préfecture du département de la Marne, rôle qu’il conserve encore aujourd’hui. Des agrandissements majeurs sont réalisés entre 1846 et 1848, avec l’ajout d’ailes sur les rues Carnot et de Jessaint. Classé monument historique en 1930 pour ses façades, toitures et salons, l’hôtel subit un incendie dévastateur le 1er juin 2002, nécessitant une restauration complète achevée en 2007.
Architecturalement, l’Hôtel des Intendants se distingue par son plan en U, son portique sur rue et ses cours intérieures. Le corps principal, en pierre de Savonnières, présente un étage carré et un comble à pans brisés, tandis que les façades des bâtiments annexes sont en craie. L’escalier d’honneur, en charpente métallique, et les toits en ardoise complètent cet ensemble représentatif de l’urbanisme administratif du XVIIIe siècle. Son histoire reflète les mutations politiques de la France, de la monarchie à la République.
L’édifice abrite aujourd’hui les services de la préfecture de la Marne et témoigne, par ses protections successives (classement en 1930, inscription en 1932), de son importance patrimoniale. Les éléments protégés incluent les façades, les toitures, le vestibule, l’escalier, le grand salon, ainsi que le mur de clôture et son portail sur la rue Carnot. Propriété du département, il reste un symbole du pouvoir central en région, tout en étant un exemple remarquable d’architecture civile du siècle des Lumières.