Origine et histoire de l'Hôtel des Postes
La Neue Oberpostdirektion, aujourd’hui hôtel des Postes de Metz, fut érigée en 1905 par les autorités allemandes dans un style néoroman rhénan. Implantée place du Général-de-Gaulle, face à la gare, elle incarne la volonté de faire de Metz une vitrine architecturale de l’Empire wilhelmien. Son emplacement stratégique, à proximité de la gare, répondait à des impératifs logistiques, notamment pour l’acheminement rapide du courrier en période de conflit. Ce bâtiment s’inscrit dans un ensemble urbain éclectique, mêlant néoroman, néogothique et néorenaissance, reflétant les choix esthétiques des architectes allemands de l’époque.
Conçu initialement par l’architecte berlinois Ewald von Rechenberg, les plans furent modifiés par Ludwig Bettcher (directeur du service d’architecture d’Alsace-Lorraine) et Jürgen Kröger, avant que Gustav Petrich ne supervise les travaux à partir de 1907. Inauguré le 1er mai 1911, l’édifice se distingue par son grès rose des Vosges, rompt avec la pierre de Jaumont locale. Son style néoroman, marqué par des volumes imposants et une ornamentation sobre, illustre l’historicisme prisé sous Guillaume II. La lumière et l’aération, priorités architecturales de l’époque, y sont optimisées.
Classé monument historique depuis le 15 janvier 1975 pour ses façades et toitures, l’hôtel des Postes a subi des restaurations en 1944 pour réparer les dommages de guerre. Après un siècle de service postal, il a célébré son centenaire en 2011 avec une exposition rétrospective et un livre commémoratif. Depuis 2019, la poste centrale a quitté les lieux, laissant place à un projet de réhabilitation incluant un jardin d’hiver, des résidences et des bureaux, confié au cabinet Ferrier Marchetti studio.
Le bâtiment témoigne de la dualité historique de Metz, passée sous domination allemande de 1871 à 1918. Son architecture, à la fois fonctionnelle et symbolique, servait à affirmer la présence impériale dans une ville au patrimoine français marqué. Les matériaux et le style néoroman rhénan, typiques des réalisations germaniques en Lorraine, contrastent avec les édifices classiques du XVIIIe siècle messin. Aujourd’hui, il reste un marqueur urbain majeur du quartier impérial, aux côtés de la gare ou du palais du Gouverneur.