Frise chronologique
vers 1584
Lien avec Henri III
Lien avec Henri III
vers 1584 (≈ 1584)
Inscription et monogramme royal suggèrent cette date.
4e quart XVIe siècle
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
4e quart XVIe siècle (≈ 1687)
Édification sous Henri III, style maniériste.
4 mars 1999
Classement partiel
Classement partiel
4 mars 1999 (≈ 1999)
Inscription aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur la rue Grande ; passage ; façade sur le passage du logis sur rue ; façade de l'aile perpendiculaire nord-ouest donnant sur la cour intérieure, 75, rue Grande, y compris la façade de la construction appuyée contre elle ; toitures correspondantes ; escalier à vis, à l'intérieur de l'aile nord-ouest ; cartouche avec devise latine de la fin du XVIe siècle, peint sur le mur d'un salon, au rez-de-chaussée du corps de bâtiment situé au sud du passage, 73, rue Grande (cad. AN 202, 203, 205, 252, 253) : inscription par arrêté du 4 mars 1999
Personnages clés
| Henri III - Roi de France (1574–1589) |
Monogramme et devise associés à l’hôtel. |
| Propriétaire anonyme - Notable au service d’Henri III |
Commanditaire présumé, statut social élevé. |
Origine et histoire
L’Hôtel des Rois, également nommé Hôtel d’Henri III, est un hôtel particulier édifié à Châtillon-sur-Indre dans le dernier quart du XVIe siècle. Situé en cœur d’îlot entre la rue Grande et les anciennes fortifications, il se distingue par sa façade sur rue, ornée d’un décor maniériste associant bossages, ordres architecturaux et encadrements moulurés. Une inscription latente (FRANCE POULONGNE) accompagnée du monogramme d’Henri III suggère une construction vers 1584, année où le roi prit possession de la châtellenie locale. Le commanditaire, probablement un notable au service du souverain, y affiche son statut social par un traitement architectural soigné, rare dans la région.
La composition de la façade principale, quasi symétrique autour de la travée de l’escalier, illustre une transition stylistique entre le maniérisme et le classicisme naissant. À gauche, les bossages et ordres animent la surface, tandis qu’à droite, les baies à crossettes adoptent une sobriété plus classique. Cette dualité, reprise sur la façade nord-ouest sans les éléments grotesques, pourrait refléter une évolution des goûts ou une interruption des travaux. Malgré des altérations ultérieures (percement de magasins au rez-de-chaussée), ces façades restent parmi les plus remarquables de Châtillon-sur-Indre, témoignant de l’interprétation provinciale des canons parisiens.
L’hôtel s’inscrit dans un contexte de prospérité urbaine liée à la présence d’institutions judiciaires royales. Châtillon-sur-Indre, siège d’un présidial depuis 1639, était alors la principale ville judiciaire du Bas-Berry, attirant une élite locale capable de financer de tels édifices. La galerie à deux niveaux bordant la cour sud, contemporaine des façades, souligne cette ambition architecturale. Classé partiellement aux monuments historiques en 1999, l’hôtel conserve des éléments protégés comme l’escalier à vis, les toitures et une devise latine peinte, vestiges fragiles de cette époque faste.
Les sources mentionnent également un autre hôtel, l’Hôtel Pellerin, parfois confondu avec l’Hôtel des Rois en raison de leur proximité chronologique et stylistique. Tous deux reflètent l’essor économique de la ville à la Renaissance, marqué par l’émergence d’une bourgeoisie lettrée et proche du pouvoir. Leur préservation offre un éclairage précieux sur l’urbanisme et les hiérarchies sociales du XVIe siècle en Touraine et Berry, régions alors sous influence directe de la couronne.