Frise chronologique
1801
Création de la chambre des commissaires-priseurs
Création de la chambre des commissaires-priseurs
1801 (≈ 1801)
Réorganisation professionnelle à Paris.
1er juin 1852
Inauguration de l’Hôtel Drouot
Inauguration de l’Hôtel Drouot
1er juin 1852 (≈ 1852)
Bâtiment conçu par Lejeune et Levasseur.
1887
Vente des joyaux de la Couronne
Vente des joyaux de la Couronne
1887 (≈ 1887)
Événement historique majeur.
1941-1942
Spoliations sous l’Occupation
Spoliations sous l’Occupation
1941-1942 (≈ 1942)
Vente d’objets volés aux Juifs.
1976-1980
Rénovation dans la gare d’Orsay
Rénovation dans la gare d’Orsay
1976-1980 (≈ 1978)
Modernisation des locaux actuels.
2009
Lancement des enchères en live
Lancement des enchères en live
2009 (≈ 2009)
Plateforme numérique ouverte.
2016
Record mondial pour un cachet impérial
Record mondial pour un cachet impérial
2016 (≈ 2016)
21 millions d’euros (Qianlong).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Félix Edoux - Ingénieur |
Installa le monte-charge hydraulique (1869). |
| Jacques Chirac - Maire de Paris |
Inaugura le bâtiment rénové (1980). |
| Hildebrand Gurlitt - Collectionneur controversé |
Acheteur d’objets spoliés (1941-1942). |
| Amandine Chaignot - Chef cuisinière |
Créa la carte du restaurant L’Adjugé (2015). |
| Jean de Jullienne - Collectionneur |
Vente de sa collection au Louvre (XVIIIe). |
| Vincent Auriol - Président de la République |
Présent au centenaire (1951). |
Origine et histoire
L’Hôtel Drouot trouve ses origines dans la réorganisation des commissaires-priseurs de Paris au début du XIXe siècle. En 1801, la création de leur chambre syndicale marque un tournant, suivie en 1807 par l’acquisition d’un premier lieu dédié, l’hôtel des Fermes rue Jean-Jacques-Rousseau. Face à l’afflux croissant de ventes, la Compagnie investit en 1817 l’hôtel Bullion adjacent, ouvrant 6 salles. Paris, devenue capitale mondiale de l’art, exige bientôt un espace plus vaste.
En 1850, la Compagnie acquiert le terrain de l’ancien manoir de Pinon de Quincy (actuelle rue Drouot) pour 438 000 francs. Un concours d’architecture est lancé, et le bâtiment conçu par Lejeune et Levasseur est inauguré le 1er juin 1852. Doté de 14 salles et d’un monte-charge hydraulique (installé en 1869), il accueille des ventes prestigieuses comme celles des joyaux de la Couronne (1887) ou de la collection Jacques Doucet (1912). L’hôtel devient un symbole du marché de l’art, malgré des épisodes sombres comme la spoliation d’œuvres juives sous l’Occupation (1941-1942).
Au XXe siècle, Drouot s’adapte aux évolutions technologiques et sociétales. Entre 1976 et 1980, il déménage temporairement dans l’ancienne gare d’Orsay (futur musée) pour une rénovation majeure. Le nouveau bâtiment, inauguré en 1980 par Jacques Chirac, réinterprète l’architecture haussmannienne. Les années 2000 voient l’avènement des enchères en ligne (2009) et des ventes dématérialisées (2011), tandis que des scandales, comme l’affaire des manutentionnaires (2010) ou la condamnation d’Europ Auction (2014), rappellent les enjeux de transparence du secteur.
Aujourd’hui, Drouot reste un acteur clé avec 200 000 objets vendus annuellement. Ses 15 salles (dont la prestigieuse salle 9) accueillent des ventes historiques, comme celle de la collection Aristophil (2017-2022) ou des records mondiaux, tel le cachet impérial Qianlong adjugé 21 millions d’euros (2016). Le lieu mêle patrimoine (façade classée, monte-charge du XIXe) et modernité (écrans numériques, plateforme live), tout en conservant des traditions comme La Gazette de l’Hôtel Drouot, née au XIXe siècle.
L’Hôtel Drouot est aussi un miroir de l’histoire culturelle française. Il a dispersé des collections mythiques (Delacroix en 1864, Maupassant en 1893, Breton en 2003) et inspiré le cinéma (Comment voler un million de dollars) ou la chanson (Barbara, Drouot). Son organisation reflète une hiérarchie complexe : 100 commissaires-priseurs, clercs, crieurs, et manutentionnaires (marqués par l’affaire des cols rouges en 2010). Malgré les polémiques, il demeure un symbole du marché de l’art, entre héritage et innovation.
Devenir actuel
Avec ses 20 salles de vente aux enchères regroupées en deux lieux spécialisés, l'hôtel Drouot est une plaque tournante du marché de l'art français et international.