Frise chronologique
1667
Construction d'un premier logis
Construction d'un premier logis
1667 (≈ 1667)
Millésime gravé sur un pavillon Ouest.
1772
Mariage de Thomas-Gabriel Desmazières
Mariage de Thomas-Gabriel Desmazières
1772 (≈ 1772)
Union avec Marguerite Ayrault, fille de magistrat.
1779
Achèvement de l'hôtel actuel
Achèvement de l'hôtel actuel
1779 (≈ 1779)
Date présumée de construction du corps principal.
1793–1794
Guerres de Vendée
Guerres de Vendée
1793–1794 (≈ 1794)
Détention de femmes dans la cour.
26 juin 1968
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
26 juin 1968 (≈ 1968)
Protection des façades, toitures et jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du logis d'habitation et des communs, la cour d'honneur, la cour attenante et le jardin (cad. AE 70, 71, 83) : inscription par arrêté du 26 juin 1968
Personnages clés
| Thomas-Gabriel Desmazières - Magistrat et député |
Commanditaire de l’hôtel, recteur d’Angers. |
| Marguerite Ayrault - Épouse de Desmazières |
Fille de Louis Ayrault, magistrat angevins. |
| Jacques Jarry - Maître d’œuvre présumé |
Architecte attribué à la construction. |
| Pellé - Paysan de Pierre-Bise |
Sauva les femmes détenues en 1793. |
Origine et histoire
L’hôtel Desmazières, situé à Beaulieu-sur-Layon en Maine-et-Loire, est un exemple emblématique d’hôtel particulier du XVIIIe siècle en Anjou, bien que des vestiges du XVIIe siècle subsistent. Construit en 1779, il se compose d’un corps principal encadré de deux ailes de communs, formant une cour d’honneur accessible depuis la rue. À l’arrière, un parc d’un hectare et une cour de service complètent l’ensemble. Le millésime 1667 gravé sur un pavillon des communs Ouest atteste de l’existence antérieure d’un logis sur ce site, créant un contraste architectural entre les façades du XVIIIe siècle et les structures plus anciennes. Parmi les éléments remarquables figurent une cuisine du XVIIe siècle, avec une poutre centrale à arêtes chanfreinées et un potager en faïence à quatre fours, ainsi que des traces d’un incendie survenu pendant les guerres de Vendée.
L’hôtel fut commandé par Thomas-Gabriel Desmazières (1743–1818), magistrat influent, conseiller au Présidial d’Angers, recteur de l’Université d’Angers et député de Maine-et-Loire à l’Assemblée Constituante de 1789 à 1803. Il épousa en 1772 Marguerite Ayrault, fille d’un magistrat angevins, et eut deux enfants, Mélanie et Thomas-Louis. L’hôtel, transmis par héritage à Mélanie, resta dans la famille pendant plusieurs générations. Pendant les guerres de Vendée, la cour de l’hôtel servit de lieu de détention pour une quarantaine de femmes dont les maris combattaient dans les armées vendéennes. Leur libération fut obtenue grâce à l’intervention d’un paysan nommé Pellé, évitant leur exécution, bien que le bourg de Beaulieu ait été partiellement incendié et pillé par les troupes républicaines.
L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1968, est attribué par certains historiens à l’architecte Jacques Jarry, également maître d’œuvre du logis de la Pinsonnière à Beaulieu-sur-Layon. Son style pourrait s’inspirer de l’hôtel d’Ollone à Angers, construit dans les années 1760. Aujourd’hui, l’hôtel Desmazières appartient à Madame et Monsieur Denizeau et se visite sur demande. Son architecture, mêlant élégance du XVIIIe siècle et traces du XVIIe, en fait un témoignage rare de l’histoire locale, marqué par les bouleversements révolutionnaires et les conflits vendéens.