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Hôtel-Dieu de Bourges dans le Cher

Patrimoine classé Patrimoine religieux Hôtel-Dieu

Hôtel-Dieu de Bourges

    Rue Gambon18000 Bourges
Propriété de la commune
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
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Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Hôtel-Dieu de Bourges
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1487
Grand incendie de Bourges
1510-1527
Construction partie gothique
1523
Arrivée des religieuses augustines
1628-1639
Extension classique par Jean Lejuge
1796
Devenu hospice civil et militaire
1995
Fermeture définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les bâtiments du XVIe siècle et XVIIIe siècle (extérieurs et intérieurs) (cad. HV 401) : classement par arrêté du 14 juin 1946

Personnages clés

Guillaume de Cambrai - Archevêque de Bourges Initiateur de la construction, acheteur des terrains.
Marguerite d’Angoulême - Duchesse de Berry Soutien financier, sœur de François Ier.
Antoine Boyer - Archevêque de Bourges Acteur clé aux côtés de Marguerite d’Angoulême.
Guillaume Pelvoysin - Maître-maçon Expert consulté, actif à l’Hôtel Lallemant.
Jean Lejuge - Architecte berruyer Conçoit les ailes du XVIIe siècle.
Jean Lecuyer - Maître-verrier Auteur des vitraux de la chapelle.

Origine et histoire de l'Hôtel-Dieu

L’Hôtel-Dieu de Bourges, fondé entre 1510 et 1527 pour sa partie gothique, succède à un établissement médiéval disparu près de la cathédrale Saint-Étienne. Sa construction, initiée après le grand incendie de 1487 qui ravagea un tiers de la ville, fut impulsée par l’archevêque Guillaume de Cambrai et soutenue par Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier. Le site, choisi dans le quartier sinistré près de la porte Saint-Sulpice, symbolisait la renaissance urbaine. Les plans mêlent une chapelle voûtée, une salle des malades aérée par des baies ogivales, et des cuisines monumentales, reflétant les standards hospitaliers du Moyen Âge tardif.

La réalisation mobilisa des artisans locaux renommés, comme le maître-maçon Guillaume Pelvoysin (également actif à l’Hôtel Lallemant) et le verrier Jean Lecuyer, dont les vitraux ornaient initialement la chapelle. Les comptes archivés révèlent une gestion rigoureuse par les échevins et des financements issus de dons et de revenus fonciers, incluant des vignes à Saint-Doulchard. L’établissement, confié à des religieuses augustines dès 1523, accueillait jusqu’à cent patients au XVIIIe siècle, après des aménagements comme la division de la salle des malades en deux niveaux.

Au XVIIe siècle, l’architecte Jean Lejuge ajusta le complexe face aux épidémies de peste, ajoutant une aile pour les « femmes fiévreuses » (1628-1639) et fermant la cour. Après quatre siècles de service, l’Hôtel-Dieu cessa son activité médicale en 1995, remplacé par le centre hospitalier Jacques Cœur. Classé monument historique en 1946, le site est aujourd’hui restauré pour des usages culturels, tandis que ses extensions du XXe siècle abritent des logements étudiants et la maison des associations.

L’Hôtel-Dieu s’inscrit dans un réseau hospitalier médiéval berruyer, incluant l’hospice Saint-Julien (1216) pour les pauvres, la maladrerie Saint-Lazare (1172) pour les lépreux, et le Sanitat (1500) pour les pestiférés. Ces institutions illustrent la transition de la gestion ecclésiastique vers civile, notamment après 1484, quand l’ancien Hôtel-Dieu fut cédé à l’Université. Le bâtiment actuel, avec sa porte Renaissance ornée de symboles de la Passion et son tour pour les enfants abandonnés, témoigne de cette histoire sociale et architecturale.

Les matériaux et techniques, documentés par les devis conservés, révèlent une construction méthodique : charpentes datées de 1516 et 1522, 50 000 ardoises pour la toiture, et des contreforts intérieurs innovants pour la chapelle. Les modifications ultérieures, comme le plancher ajouté à la chapelle sous la Révolution ou le démontage des vitraux pour récupérer le plomb, reflètent les adaptations aux besoins changeants. Aujourd’hui, le site, intégré à la zone sauvegardée de Bourges, perpétue sa vocation publique à travers des événements culturels.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours