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Frise chronologique
1184
Fondation de l’hôpital du Pont du Rhône
Fondation de l’hôpital du Pont du Rhône
1184 (≈ 1184)
Première *maison des pèlerins* près du pont.
1478
Rachat par la municipalité
Rachat par la municipalité
1478 (≈ 1478)
Reconstruction en hôpital de 200 lits.
1637
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1637 (≈ 1637)
Début des Quatre-Rangs (Ducellet).
1755–1764
Construction du grand dôme
Construction du grand dôme
1755–1764 (≈ 1760)
Œuvre de Soufflot pour l’aération.
1793
Bombardement pendant la Révolution
Bombardement pendant la Révolution
1793 (≈ 1793)
Ruines et exécution du personnel.
2010
Fermeture définitive
Fermeture définitive
2010 (≈ 2010)
Transfert des services hospitaliers.
2019
Réouverture en complexe hôtelier
Réouverture en complexe hôtelier
2019 (≈ 2019)
InterContinental et Cité de la gastronomie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien hôpital de l'Hôtel Dieu en totalité, comprenant notamment les façades et toitures, les intérieurs du sous-sol aux combles, les galeries et les sols des cours (cad. AL 5, 36, cf plan annexé à l'arrêté) : classement par arrêté du 22 novembre 2011
Personnages clés
| Guillaume Ducellet - Architecte |
Conçoit les Quatre-Rangs (XVIIe). |
| Jacques-Germain Soufflot - Architecte |
Auteur du dôme et façade (XVIIIe). |
| François Rabelais - Médecin (1532–1535) |
Dirige l’hôpital avant l’affaire des Placards. |
| Joseph Gensoul - Chirurgien-major (XIXe) |
Pionnier des résections maxillaires. |
| Léon Bérard - Fondateur du centre anticancéreux |
Installe un service dans le dôme (1923). |
| Étienne Destot - Radiologue |
Crée le premier service français (1896). |
Origine et histoire
L’Hôtel-Dieu de Lyon, fondé au XIIe siècle sous le nom d’hôpital du Pont du Rhône, trouve ses origines dans une maison des pèlerins construite en 1184 par l’Ordre des frères pontifes près du pont de la Guillotière. Géré initialement par des abbayes (Hautecombe, Chassagne), il est racheté par la municipalité en 1478 pour devenir un hôpital de 200 lits, inauguré en 1493. Cet établissement médiéval, doté d’une chapelle et d’un cimetière, disparaît après les reconstructions des XVIIe et XVIIIe siècles.
Au XVIIe siècle, l’Hôtel-Dieu est entièrement repensé selon un plan en croix (les Quatre-Rangs), avec une chapelle et des clochers monumentaux. Les travaux, menés par l’architecte Guillaume Ducellet, débutent en 1637 sous l’égide du cardinal de Richelieu. Un bâtiment pour convalescents est ajouté sur les quais du Rhône (1658–1663). Les guerres de Louis XIV accroissent la pauvreté, poussant l’État à organiser des loteries pour financer l’hôpital, qui soigne alors les soldats des armées d’Italie et de Catalogne.
Le XVIIIe siècle marque l’apogée architecturale avec la construction du grand dôme (1755–1764), conçu par Soufflot pour aérer les salles communes. La façade néoclassique, ornée de statues de Childebert Ier et Ultrogothe (fondateurs du premier hôpital lyonnais en 549), symbolise cette période faste. L’Hôtel-Dieu, réputé pour sa faible mortalité (1/14 contre 1/4 à Paris), devient un modèle. Cependant, la Révolution française le ravage : bombardé en 1793, il perd ses revenus et son personnel (11 médecins, 31 chirurgiens guillotinés).
Au XIXe siècle, l’hôpital s’agrandit pour accueillir 1 000 malades, dont des militaires, et voit sa chirurgie rayonner (ex. : Joseph Gensoul, pionnier des résections maxillaires). Le musée des Hospices civils y est créé en 1936, préservant des œuvres de l’hôpital de la Charité, démoli en 1934. Le XXe siècle est marqué par des modernisations (radiologie dès 1896 par Étienne Destot), des dommages pendant les deux guerres mondiales (incendie du dôme en 1944), et une reconversion controversée : fermé en 2010, il devient en 2019 un complexe hôtelier (InterContinental), commercial et culturel (Cité de la gastronomie), malgré des critiques sur sa privatisation.
L’Hôtel-Dieu incarne aujourd’hui un patrimoine médical, architectural et social exceptionnel. Classé monument historique en 2011, son dôme, ses cours intérieures et ses façades néoclassiques témoignent de 8 siècles d’histoire hospitalière. Sa transformation en lieu touristique (7 millions de visiteurs annuels prévus) soulève cependant des débats sur la mémoire des soins publics et la préservation de son âme originelle.
Devenir actuel
À la suite du projet présenté le 25 septembre 2009, l'Hôtel-Dieu sera reconverti partiellement en hôtel de luxe de 140 chambres dont l'entrée se fera par le dôme central. Les rez-de-chaussées seront destinés aux activités commerciales. Enfin, les cours intérieures seront ouvertes au public.