Origine et histoire de l'Hôtel-Dieu
L’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie trouve ses origines au XIe siècle, selon la tradition locale. Initialement situé près de l’église Saint-Maclou, il fut d’abord transféré au-dessus de la porte du Fort avant de s’installer à son emplacement actuel. Ce n’est qu’au XVIIe siècle, entre 1638 et 1675, que le site prit sa forme définitive sous l’impulsion des religieuses hospitalières de Pontoise, autorisées à s’y établir pour soigner les malades pauvres. Les comptes de l’époque détaillent des travaux majeurs entre 1646 et 1672, incluant la reconstruction des bâtiments et de la chapelle, avec des livraisons massives de pierres, tuiles, et ardoises.
La chapelle, élément central du complexe, fut édifiée entre 1667 et 1670 sous la direction des maîtres maçons Pitrou et Gaspart, ce dernier réalisant notamment le portail pour 4 000 livres. Les finitions (vitraux, pavage, peinture du chœur) s’échelonnèrent jusqu’en 1672, année où le charpentier Maillard construisit le dôme du portail. À son apogée vers 1700, l’Hôtel-Dieu abritait 35 religieuses et générait 4 000 livres de rente annuelle, illustrant son rôle clé dans l’assistance médicale et sociale de la région.
Après la Révolution, l’établissement perdura jusqu’en 1834, date de sa désaffectation. Les bâtiments furent progressivement reconvertis : la chapelle devint un café-théâtre en 1854, puis un cinéma en 1912 (le Palace Attractions), avant d’être acquis par la ville en 1962. Entre-temps, en 1847, la fusion avec l’hospice des vieillards entraîna le morcellement du site en lots et la création de la rue du Docteur-Stéphane-Bonneau. Aujourd’hui, seule la façade de l’ancienne chapelle, classée en 1948, subsiste comme vestige protégé de ce patrimoine hospitalier.
Un épisode architectural notable eut lieu en 1958, lorsque l’architecte Marcel David fit décrouter volontairement la façade du 5-7 rue de la Heuse pour lui donner un aspect moyenâgeux, altérant ainsi son apparence d’origine. Les archives révèlent aussi qu’en 1819-1821, le comble de la chapelle fut reconstruit par Vivenel, tandis qu’en 1834, l’Hôtel-Dieu comptait 20 lits (15 pour hommes, 5 pour femmes), gérés par 4 sœurs de l’Ordre de Saint-Maurice de Chartres.