Origine et histoire de l'Hôtel-Dieu
L’ancien Hôtel-Dieu de Rouen, fondé au Moyen Âge sous le nom d’Hôpital Notre-Dame, était initialement situé près de la cathédrale. Dirigé par des religieuses augustines dès 1145, il abritait malades, communautés religieuses et une cure. En 1268, l’archevêque Eudes Rigaud y dépose les reliques de sainte Madeleine, rebaptisant l’établissement Hôtel-Dieu de la Madeleine. Composé de plusieurs cours (conventuelles, salle des malades) et d’une chapelle détruite en 1508, il fut reconstruit au XVIe siècle avant d’être fermé en 1758 pour vétusté et exiguïté.
Face aux épidémies de peste récurrentes, un nouvel Hôtel-Dieu est érigé à l’ouest de Rouen à partir de 1654, regroupant deux hôpitaux : Saint-Louis (malades) et Saint-Roch (convalescents). Conçus par l’architecte Abraham Hardouin, les bâtiments sont agrandis au XVIIIe siècle avec une chapelle néo-classique (1767-1781) par Jean-Baptiste Le Brument. L’ensemble, transféré en 1758, devient un hospice d’humanité pendant la Révolution, puis reprend son nom d’Hôtel-Dieu. Les soins y cessent en 1988.
La chapelle de la Madeleine, construite entre 1767 et 1781, est consacrée en 1781 par l’archevêque Dominique de La Rochefoucauld. Devenue église paroissiale en 1790, elle ferme pendant la Terreur avant de rouvrir en 1802. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1932, abrite depuis 1995 la préfecture de Seine-Maritime et de Normandie. Il est aussi connu pour être le lieu de naissance de Gustave Flaubert.
L’ancien Hôtel-Dieu médiéval, situé au sud de la cathédrale, disparait définitivement en 1940 après des siècles d’évolution. Ses vestiges incluaient une cour du Chariot (avec fontaine et cimetière), une salle des malades, et des espaces conventuels. La confrérie des jongleurs y possédait même une chapelle. Les plans du XVIIe siècle, inspirés par les épidémies, marquent une rupture avec le modèle médiéval centralisé.
Les armes de l’Hôtel-Dieu, d’azur à trois boîtes d’or au chef d’argent chargé de trois croix de gueules, symbolisent son statut prieural. Le site, propriété publique, est associé au Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, soulignant son héritage médical et littéraire. Les transformations architecturales reflètent les besoins sanitaires et politiques, de l’Ancien Régime à la Révolution.