Origine et histoire de l'Hôtel-Dieu
L’Hôtel-Dieu de Tournus, situé en Saône-et-Loire, est un ancien hôpital construit au XVIIe siècle, célèbre pour son apothicairerie de 1685, l’une des plus anciennes de France. Ses boiseries dorées et son plafond peint en font un joyau architectural. Le bâtiment, agrandi au fil des siècles, comportait trois salles de malades et deux chapelles, reflétant son rôle médical et religieux.
Classé Monument historique en 1964, l’Hôtel-Dieu a abrité le musée Greuze depuis 2000, fermé en 2019. Ce musée présentait des œuvres du peintre Jean-Baptiste Greuze, natif de Tournus, ainsi que des collections archéologiques locales, couvrant du Paléolithique à l’époque mérovingienne. Les salles exposaient aussi des peintures des écoles française, flamande et italienne, et des sculptures.
L’apothicairerie, avec ses pots en faïence des XVIIe et XVIIIe siècles, témoigne de la médecine d’antan. Une seconde apothicairerie, datant du XVIIIe siècle et transférée de la Maison de Charité de Tournus, a été ajoutée en 2011. Les pots de cette dernière furent détruits en 1814 par les troupes autrichiennes, mais ses boiseries, restaurées, sont aujourd’hui visibles.
Fondé en 1642-1644 comme modeste « nef » pour malades, l’Hôtel-Dieu fut agrandi selon les plans de l’architecte Jean Gorrat (1673) et du révérend dom Barbereux (1705-1723). Les sœurs de Sainte-Marthe de Beaune y soignèrent les malades à partir de 1749. Désaffecté en 1982, le site fut restauré entre 1987 et 1992 pour accueillir le musée.
La fréquentation du site a varié, passant de 15 475 visiteurs en 2005 (musée et hôtel-Dieu confondus) à 6 030 en 2024 pour l’hôtel-Dieu seul. Le musée Greuze, inauguré en 1894 grâce au legs de la veuve Perrot, fut enrichi par la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, fondée en 1877. Ses conservateurs, comme Jean Martin ou Émile Magnien, ont marqué son histoire.
L’ensemble, propriété de la commune, comprend des éléments protégés comme le portail d’entrée, la chapelle avec son clocher, et la galerie du cloître. Son architecture, mêlant fonction hospitalière et décor religieux, illustre l’évolution des soins et de la charité en Bourgogne-Franche-Comté.