Frise chronologique
1727
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1727 (≈ 1727)
Édifié par Bullet de Chamblain pour Dodun.
1750
Mort de Pierre Dodun
Mort de Pierre Dodun
1750 (≈ 1750)
Décès dans l’hôtel, son domicile.
1815-1825
Résidence de Choiselat
Résidence de Choiselat
1815-1825 (≈ 1820)
Orfèvre bronzier y vit dix ans.
1852
Café de la Régence
Café de la Régence
1852 (≈ 1852)
Installation temporaire dans l’hôtel.
1925
Première protection
Première protection
1925 (≈ 1925)
Inscription partielle aux Monuments historiques.
1946
Seconde protection
Seconde protection
1946 (≈ 1946)
Extension de l’inscription aux façades.
1948
Acquisition par l’État
Acquisition par l’État
1948 (≈ 1948)
Transformation en bureau de poste.
2006
Achat par la mairie
Achat par la mairie
2006 (≈ 2006)
Création de 25 logements sociaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Pierre Dodun - Receveur général des finances |
Commanditaire et premier propriétaire de l’hôtel. |
| Jean-Baptiste Bullet de Chamblain - Architecte |
Concepteur de l’hôtel en 1727. |
| Louis-Isidore Choiselat - Orfèvre et bronzier |
Résident de 1815 à 1825. |
| Eugène Atget - Photographe |
Documenta l’escalier au début du XXe. |
Origine et histoire
L’hôtel Dodun est un hôtel particulier édifié en 1727 par l’architecte Jean-Baptiste Bullet de Chamblain pour Pierre Dodun, receveur général des finances de Bordeaux puis de La Rochelle. Situé aux 21 rue de Richelieu et 10 rue Molière (1er arrondissement), il se compose de trois corps de bâtiment reliés par une aile sur cour. Son escalier de style Régence, orné d’une rampe en fer forgé et d’un plafond sculpté, fut immortalisé par Eugène Atget au début du XXe siècle. Les façades, le passage intérieur et les couvertures sont protégés au titre des Monuments historiques depuis 1925 et 1946. À noter, ses lambris originels, vendus à la fin du XIXe siècle, ornent aujourd’hui l’hôtel de Breteuil (ambassade d’Irlande) et Waddesdon Manor en Angleterre.
Pierre Dodun, commanditaire de l’hôtel, y vécut jusqu’à sa mort en 1750. Au XIXe siècle, l’orfèvre Louis-Isidore Choiselat y résida de 1815 à 1825, suivi par l’installation temporaire du célèbre café de la Régence en 1852. Au XXe siècle, l’État français acquit l’hôtel en 1948 pour y installer un bureau de poste, tandis que les étages restèrent habités. En 2006, la mairie de Paris en fit l’acquisition pour y aménager 25 logements sociaux, dans le cadre d’une politique de préservation du patrimoine et de création de logements abordables.
L’hôtel conserve des traces de son histoire, comme une poulie du XVIIe siècle dans la mansarde de la rue de Richelieu, vestige des systèmes de levage d’époque. Son architecture, marquée par la transition entre le classicisme et le rococo, illustre l’évolution des hôtels particuliers parisien au siècle des Lumières. Les protections successives (1925 et 1946) soulignent sa valeur patrimoniale, tandis que ses réaffectations reflètent les mutations urbaines et sociales de Paris, du XVIIIe siècle à nos jours.