Frise chronologique
XIIe siècle
Origine du fief
Origine du fief
XIIe siècle (≈ 1250)
Bâtiment lié à l’officier *bouteiller* de l’archevêque.
1582
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1582 (≈ 1582)
Façade et portail par Hugues Sambin pour Claude de Jouffroy.
1724
Passage aux Montureux
Passage aux Montureux
1724 (≈ 1724)
Acquisition par la famille Jobelot de Montureux.
1741
Extension par Colombot
Extension par Colombot
1741 (≈ 1741)
Ajout d’un escalier et façade pastiche.
fin XVIIIe siècle
Héritage Saint Juan
Héritage Saint Juan
fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Transmission à cette famille jusqu’en 1883.
28 mars 2008
Protection MH
Protection MH
28 mars 2008 (≈ 2008)
Inscription totale de l’hôtel et de ses dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel en totalité (cad. AD 71, 155, 157) : inscription par arrêté du 28 mars 2008
Personnages clés
| Hugues Sambin - Architecte dijonnais |
Reconstruit l’hôtel en 1582, façade Renaissance. |
| Claude de Jouffroy - Seigneur de Marchaux |
Commanditaire de la reconstruction en 1582. |
| Jean-Charles Colombot - Architecte bisontin |
Dirige l’extension de 1741 et l’escalier. |
| François-Bonaventure Jobelot de Montureux - Propriétaire au XVIIIe |
Fait agrandir l’hôtel en 1741. |
| Bouteiller (officier ecclésiastique) - Fonction médiévale |
Détient le fief originel au XIIe siècle. |
Origine et histoire
L’Hôtel du Bouteiller, aussi appelé Hôtel de Montureux ou de Saint Juan, est un hôtel particulier situé au 2 rue des Granges à Besançon. Son origine remonte au XIIe siècle, où un bâtiment préexistant servait de fief à un officier de l’archevêque, le bouteiller, chargé des mesures de la halle. L’édifice actuel fut reconstruit en 1582 par l’architecte dijonnais Hugues Sambin pour Claude de Jouffroy, seigneur de Marchaux, marquant son style Renaissance avec une façade en pierre de taille ornée de sentences latines et de sculptures.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel passe aux mains de la famille Jobelot de Montureux, qui confie en 1741 son extension à l’architecte bisontin Jean-Charles Colombot. Cette phase ajoute un escalier d’honneur en ferronnerie et des décors intérieurs Louis XVI, dont un salon et des chambres à alcôve. La façade du XVIIIe imite celle du XVIe siècle, créant une harmonie architecturale. L’hôtel, protégé depuis 2008, conserve aussi un pigeonnier dans une tour d’angle et des galeries partiellement en pan de bois.
L’histoire de l’hôtel reflète les changements de propriétaires et d’usages : hérité par les Desbiez de Saint Juan en 1799, transformé en boutiques au XIXe siècle, puis encombré de constructions parasites au XXe siècle. Malgré ces modifications, il reste un témoignage des élites bisontines, mêlant fonctions résidentielles, symboles de pouvoir (sentences morales) et adaptations urbaines. Son inscription aux Monuments Historiques couvre l’intégralité du bâtiment, y compris ses cours et ses décors intérieurs.
La façade principale, datée de 1582, se distingue par ses frontons alternés (triangulaires et cintrés) soutenus par des têtes de lion, et son portail gravé de maximes comme « Achève ou ne commence pas ». À l’intérieur, le grand escalier en pierre à rampe en fer forgé dessert des pièces aux lambris Louis XVI, tandis que le sous-sol voûté en berceau rappelle les fondations médiévales. Le site, propriété d’une association, illustre l’évolution architecturale et sociale de Besançon, des officiers ecclésiastiques aux familles nobles.
Le quartier de la Boucle, où se situe l’hôtel, était un lieu de pouvoir lié à l’archevêché. Le bouteiller, officier chargé des mesures et des vins, y incarnait une autorité à la fois administrative et symbolique. La reconstruction de 1582 coïncide avec l’activité de Hugues Sambin à Besançon, où il travaille aussi au palais de justice. Au XVIIIe siècle, l’extension par Colombot s’inscrit dans un contexte d’embellissement urbain, avec des façades pastiches et des aménagements intérieurs reflétant le goût aristocratique de l’époque.