Origine et histoire de l'Hôtel du Breuil-de-Saint-Germain
L’Hôtel du Breuil-de-Saint-Germain, situé à Langres, est un hôtel particulier construit en 1576 par Sébastien Valtier de Choiseul sur un vaste terrain acquis à cet effet. L’édifice, transformé au fil des siècles, incarne l’architecture de la fin de la Renaissance et du XVIIIe siècle. Ses façades et toitures furent classées monuments historiques en 1921, marquant sa valeur patrimoniale.
En 1820, la propriété passe à la famille Du Breuil de Saint-Germain, qui la conserve jusqu’en 1923. Cette année-là, madame du Breuil de Saint-Germain lègue l’hôtel à la Société historique et archéologique de Langres (SHAL), à condition d’y créer un musée. Incapable d’assurer son entretien, la SHAL le cède en 2009 à la Ville de Langres, qui lance une restauration majeure (2009–2013) pour 1,3 million d’euros, cofinancée par la DRAC et des mécènes.
Les travaux révèlent un trésor numismatique (2 000 pièces en or et argent) et des peintures Renaissance sur poutres. Depuis 2013, l’hôtel abrite la Maison des Lumières Denis Diderot (MLDD), musée consacré au philosophe langrois et au Siècle des Lumières. Sur 400 m2 et quatre étages, 250 objets explorent sa vie, son œuvre (notamment l’Encyclopédie), et le contexte intellectuel du XVIIIe siècle. Le jardin, dessiné par Louis Benech, et la muséographie signée Atelier Akiko complètent ce projet culturel.
Le musée s’articule autour de dix salles thématiques : l’histoire du bâtiment, la jeunesse de Diderot à Langres (né en 1713 dans une famille de couteliers), son parcours parisien, ses voyages (comme celui en Russie en 1773 pour rencontrer Catherine II), et son engagement pour les arts et les sciences. L’Encyclopédie, dirigée par Diderot et D’Alembert, y occupe une place centrale, avec des focus sur sa conception, ses détracteurs, et son impact éditorial (35 volumes, 1 000 ouvriers impliqués).
L’hôtel illustre aussi les liens entre Diderot et Langres : bien qu’il n’y ait jamais vécu, la ville célèbre son héritage à travers des collections de coutellerie (hommage à son père, artisan) et des archives personnelles. Classé Musée de France, le site allie patrimoine architectural, mémoire locale et rayonnement des idées des Lumières.