Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Hôtel du Châtelet à Paris

Patrimoine classé Hotel particulier classé

Hôtel du Châtelet à Paris

    127 Rue de Grenelle
    75007 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1770-1776
Construction de l’hôtel
1789
Fuite du duc
1793
Exécution du duc
1800
Restitution aux héritiers
1849
Siège de l’archevêché
1906
Création du ministère du Travail
1907
Attribution au ministère
1911
Classement monument historique
1968
Accords de Grenelle
2005-2012
Rénovations récentes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Mathurin Cherpitel - Architecte Conçoit l’hôtel, élève de Gabriel.
Louis Marie Florent du Châtelet - Duc et commanditaire Propriétaire initial, guillotiné en 1793.
Diane-Adélaïde de Rochechouart - Duchesse du Châtelet Épouse du duc, co-commanditaire.
Claude Nicolas Ledoux - Architecte Auteur de la façade néoclassique.
Victor Baltard - Architecte Transforme l’hôtel pour l’archevêché (1849).
René Viviani - Premier ministre du Travail Occupe l’hôtel dès 1906.

Origine et histoire

L’hôtel du Châtelet, situé au 127 rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris, est un bâtiment néoclassique construit entre 1770 et 1776 pour le duc Louis Marie Florent du Châtelet et son épouse Diane-Adélaïde de Rochechouart. Le terrain marécageux, cédé par l’ordre des Carmes-Billettes, est transformé par l’architecte Mathurin Cherpitel, élève d’Ange-Jacques Gabriel, qui supervise un chantier mobilisant charpentiers, sculpteurs et menuisiers. Le coût excessif pousse les religieux à vendre l’hôtel au duc en 1773 pour 200 000 livres, malgré un contrat initial prévoyant son retour à l’ordre après la mort du comte.

À la veille de la Révolution, l’hôtel abrite des réunions politiques informelles et loge des proches de la cour, comme Aglaé de Polignac. En 1789, le duc, commanditaire des Gardes françaises, échappe de justesse à la foule en colère. Guillotiné en 1793 pour « conspiration », son hôtel est confisqué puis restitué à ses héritiers en 1800, avant d’être racheté par l’État. Sous le Premier Empire, il devient le siège de l’École des ponts et chaussées, puis la résidence des intendants de Napoléon Ier et Louis XVIII, avant d’accueillir les ambassades ottomane et autrichienne.

En 1849, Louis-Napoléon Bonaparte offre l’hôtel à l’archevêché de Paris, dont le palais historique a été détruit en 1831. Victor Baltard y aménage une chapelle privée et un oratoire. Confisqué après la loi de 1905, il est attribué en 1907 au ministère du Travail, nouvellement créé. La « salle des Accords » y voit la signature des accords de Grenelle en mai 1968, marquant l’histoire sociale française. Classé monument historique en 1911, l’hôtel allie aujourd’hui fonctions ministérielles et patrimoine architectural préservé.

L’architecture néoclassique de l’hôtel, marquée par des colonnes toscanes, des balustrades et des salons ornés de boiseries Louis XVI, reflète l’influence de Claude Nicolas Ledoux et de Cherpitel. Le jardin à la française, redessiné au XIXe siècle, contraste avec la façade sur cour, plus solennelle. Utilisé comme décor cinématographique pour figurer l’Élysée ou Matignon, l’hôtel incarne à la fois le faste du XVIIIe siècle et les mutations politiques de la France.

Les rénovations successives (1908, années 2000) ont modernisé les espaces tout en préservant leur cachet historique. Le bureau du ministre, ancien salon littéraire des Châtelet, conserve ses parquets de glaces et ses dorures. Les appartements privés, moins ornés, témoignent des adaptations fonctionnelles. Le mobilier, prêté par le Mobilier national, mêle pièces Louis XVI et contemporaines, tandis que des objets décoratifs (pendules, vases de Sèvres) rappellent son prestige passé.

Liens externes