Frise chronologique
1707
Début de la construction
Début de la construction
1707 (≈ 1707)
Commandé par Annet Dufraisse, avocat à Riom.
1789
États généraux
États généraux
1789 (≈ 1789)
Amable Gilbert Dufraisse élu député ultra-royaliste.
1793
Séquestre et prison
Séquestre et prison
1793 (≈ 1793)
Transformé en maison de réclusion pendant la Révolution.
1808
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
1808 (≈ 1808)
Acquis par Constantin Tailhardat de la Maisonneuve.
1865
Vente à la ville
Vente à la ville
1865 (≈ 1865)
Devenu propriété de Riom après adjudication.
1866
Ouverture du musée Mandet
Ouverture du musée Mandet
1866 (≈ 1866)
Accueil des collections de peintures et sculptures.
1963
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1963 (≈ 1963)
Protection des façades, toitures et salons.
2020
Inscription globale
Inscription globale
2020 (≈ 2020)
Extension de la protection à l’ensemble du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments, y compris le portail d'entrée ; l'escalier avec sa rampe en fer forgé, le salon central du rez-de-chaussée, le salon central du 1er étage (cad. AA 567) : classement par arrêté du 27 mai 1963 ; En totalité, à l'exception des parties classées, l'hôtel Dufraisse du Cheix et l'hôtel Desaix, abritant le musée Mandet, avec les ailes des communs, la cour et le jardin avec sa fontaine, et son mur de clôture, situés 14 rue de l'Hôtel-de-ville et 2 rue Chabrol, sur les parcelles n°102 et 114, figurant au cadastre section BZ : inscription par arrêté du 19 novembre 2020
Personnages clés
| Annet Dufraisse (1672–1709) - Commanditaire de l’hôtel |
Avocat et conseiller au Présidial de Riom. |
| Amable Gilbert Dufraisse du Cheix (1756–1807) - Dernier propriétaire Dufraisse |
Député ultra-royaliste, émigré pendant la Révolution. |
| Gaspard de Chabrol (1773–1843) - Propriétaire et préfet |
Préfet de la Seine, mari de Dorothée Lebrun. |
| Constantin Tailhardat de la Maisonneuve - Acquéreur en 1808 |
Député en 1789, marié à une sœur d’Amable Gilbert. |
| Pierre-Alexis Delamair - Architecte présumé |
Influence possible, non confirmée, sur le style. |
| François Boucher - Inspiration des décors |
Peintures allégoriques copiées dans les salons. |
Origine et histoire
L’hôtel Dufraisse, aussi appelé hôtel de Chabrol, est un hôtel particulier du XVIIIe siècle situé à Riom, en Auvergne-Rhône-Alpes. Construit à partir de 1707 pour Annet Dufraisse, avocat et conseiller au Présidial de Riom, il illustre l’architecture aristocratique de l’époque, avec une organisation tripartite inspirée des modèles parisiens comme l’hôtel de Rohan. Entièrement édifié en pierre de Volvic, son architecte reste inconnu, bien que des similitudes stylistiques suggèrent une possible influence de Pierre-Alexis Delamair.
La famille Dufraisse, originaire du Crest, s’installe à Riom au XVIIe siècle. Martin Dufraisse, premier membre notable de la branche riomoise, est avocat puis receveur au Présidial. Son fils, Annet Dufraisse (1672–1709), commande la construction de l’hôtel. La lignée culmine avec Amable Gilbert Dufraisse du Cheix (1756–1807), député ultra-royaliste aux États généraux de 1789, qui émigre pendant la Révolution. L’hôtel, séquestré en 1793, devient une prison pour nobles avant d’être restitué.
Acquis en 1808 par Constantin Tailhardat de la Maisonneuve, puis en 1817 par Gaspard de Chabrol, préfet de la Seine, l’hôtel est vendu à la ville de Riom en 1865. Depuis 1866, il abrite les collections du musée Mandet, regroupant peintures et sculptures. Son intérieur conserve des décors d’origine, comme des lambris et des peintures allégoriques inspirées de François Boucher. Classé Monument Historique en 1963, il est aujourd’hui un symbole du patrimoine riomois.
L’architecture de l’hôtel, organisée entre cour et jardin, reprend les canons des hôtels parisiens du début du XVIIIe siècle. La façade côté jardin évoque celle du château de Cosnac, tandis que la porte cochère s’inspire de modèles comme l’hôtel Amelot de Bisseuil. Les salons du premier étage, ornés de boiseries et de peintures, témoignent du raffinement de l’époque. Le second étage, en revanche, a perdu ses dispositions originales.
Pendant la Révolution, l’hôtel incarne les bouleversements politiques : transformé en prison en 1793, il accueille des nobles locaux emprisonnés. Après la Terreur, Amable Gilbert Dufraisse du Cheix, rentré en France en 1793, évite l’arrestation et récupère son bien. Sa mort sans descendance en 1807 marque la fin de la lignée directe des Dufraisse à Riom, ouvrant la voie à des changements de propriétaires.
Aujourd’hui, l’hôtel du Fraisse du Cheix est protégé au titre des Monuments Historiques, avec des éléments classés en 1963 et une inscription globale en 2020. Propriété de la commune, il reste un lieu culturel majeur, mêlant histoire locale et patrimoine artistique. Sa pierre de Volvic, ses décors intérieurs et son rôle pendant la Révolution en font un monument emblématique de Riom.