Frise chronologique
1575
Vente à Jean Régin
Vente à Jean Régin
1575 (≈ 1575)
Passage aux mains de la famille Régin.
1748
Achat par Guillaume du Jouhannel
Achat par Guillaume du Jouhannel
1748 (≈ 1748)
Début des travaux de reconstruction.
1750
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1750 (≈ 1750)
Style Louis XV adopté.
1785
Visite des Mesdames de France
Visite des Mesdames de France
1785 (≈ 1785)
Séjour des tantes de Louis XVI.
1859-1866
Siège du musée de Riom
Siège du musée de Riom
1859-1866 (≈ 1863)
Avant transfert à l’hôtel Dufraisse.
23 avril 1954
Classement monument historique
Classement monument historique
23 avril 1954 (≈ 1954)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de Roquefeuille ou de Jenzat : classement par arrêté du 23 avril 1954
Personnages clés
| Guillaume du Jouhannel - Baron de Jenzat, procureur |
Commanditaire de la reconstruction en 1750. |
| Jean-Baptiste Julien du Jouhannel - Conseiller au Parlement de Paris |
Propriétaire et hôte des Mesdames de France. |
| Marie Françoise Henriette du Jouhannel - Héritière du domaine |
Épouse de Pierre Sablon du Corail en 1816. |
| Mesdames Louise et Adélaïde de France - Tantes de Louis XVI |
Visiteuses en 1785, don d’un portrait. |
| Pierre Sablon du Corail - Propriétaire au XIXe siècle |
Père d’Adolphe Sablon du Corail. |
| Édouard de Roquefeuil - Dernier propriétaire notable |
Époux d’Élisabeth Sablon du Corail en 1880. |
Origine et histoire
L’hôtel du Jouhannel de Jenzat, aussi appelé hôtel de Jenzat ou hôtel de Roquefeuil, est un hôtel particulier du XVIIIe siècle situé à Riom, dans le Puy-de-Dôme. Initialement, le site abritait un grand hôtel avec jardin et dépendances appartenant à la famille Souchet, vendu en 1575 à Jean Régin, lieutenant en la sénéchaussée d’Auvergne. Par alliances matrimoniales, la propriété passa aux familles de Besse puis, en 1748, à Guillaume du Jouhannel, baron de Jenzat, qui entreprit sa démolition partielle pour reconstruire l’édifice actuel dans le style Louis XV.
La reconstruction débuta en 1750, conservant uniquement les substructures médiévales. L’hôtel devint un lieu de réception prestigieux : en 1785, Mesdames Louise et Adélaïde de France, tantes de Louis XVI, y séjournèrent lors de leur voyage en Auvergne. Madame Adélaïde offrit même son portrait aux propriétaires. Après la Révolution, l’hôtel fut partiellement loué par chambres jusqu’aux années 1850, avant d’abriter brièvement le musée municipal de Riom entre 1859 et 1866.
Classé monument historique en 1954, l’hôtel se distingue par son plan en équerre, sa façade sur rue richement décorée, et ses intérieurs préservés, incluant un mobilier du XVIIIe siècle (secrétaires, lit à la polonaise, portraits). Les pièces d’apparat, comme le salon de musique et la chambre à alcôve, s’ouvrent sur le jardin, tandis que les espaces de circulation (escalier, antichambre) donnent sur la cour. L’édifice témoigne de l’influence de l’aristocratie provinciale et de son adaptation aux bouleversements politiques.
Les propriétaires successifs marquèrent son histoire : Jean-Baptiste Julien du Jouhannel, conseiller au Parlement de Paris, épousa Hyacinthe Ferrand de Fontorte en 1774, dont descendit Marie Françoise Henriette, mariée en 1816 à Pierre Sablon du Corail. Leur fils, Adolphe Sablon du Corail, transmit l’hôtel à sa fille Élisabeth, épouse d’Édouard de Roquefeuil en 1880. Le mobilier d’origine, protégé au titre des objets, inclut des pièces rares comme un légumier, un écran à feu, et des portraits familiaux.
L’architecture reflète une hiérarchie sociale : les baies du premier étage sur rue, plus hautes et sans garde-corps, contrastent avec celles du jardin, munies de ferronneries. Les substructures médiévales, dont une cheminée gothique dans les sous-sols, rappellent les origines anciennes du site. L’hôtel, l’un des rares de Riom à conserver cette typologie entre cour et jardin, partage cette caractéristique avec l’hôtel Dufraisse et l’hôtel Rollet d’Avaux.
Aujourd’hui, l’hôtel du Jouhannel de Jenzat reste un exemple emblématique du patrimoine civil auvergnat du XVIIIe siècle, illustrant à la fois le faste de l’Ancien Régime et les mutations de la Révolution. Son classement en 1954 et la conservation de son mobilier en font un témoignage rare de l’art de vivre aristocratique en province.