Frise chronologique
1758
Commande royale de Louis XV
Commande royale de Louis XV
1758 (≈ 1758)
Louis XV commande à Gabriel deux façades symétriques.
1776
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1776 (≈ 1776)
Bâti pour David-Étienne Rouillé de l’Étang.
1811
Décès de Rouillé de l’Étang
Décès de Rouillé de l’Étang
1811 (≈ 1811)
L’hôtel passe à sa nièce, Adélaïde Pastoret.
1890
Légs au pape Léon XIII
Légs au pape Léon XIII
1890 (≈ 1890)
Testament contesté de la marquise du Plessis-Bellière.
1897-1898
Ventes aux enchères
Ventes aux enchères
1897-1898 (≈ 1898)
Dispersion du décor originel de l’hôtel.
1901
Acquisition par l’Automobile Club
Acquisition par l’Automobile Club
1901 (≈ 1901)
L’hôtel devient siège de l’Automobile Club de France.
1923
Classement de la façade
Classement de la façade
1923 (≈ 1923)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades : classement par arrêté du 31 mai 1923
Personnages clés
| Jacques-Ange Gabriel - Architecte royal |
Conçoit la façade de la place. |
| Pierre-Louis Moreau-Desproux - Architecte de l’hôtel |
Auteur des plans derrière la colonnade. |
| David-Étienne Rouillé de l’Étang - Commanditaire et premier propriétaire |
Trésorier-général de la Police de Paris. |
| Marguerite Perrinet - Mère de Rouillé de l’Étang |
Co-commanditaire de la construction en 1776. |
| Emmanuel Pastoret - Chancelier de France |
Propriétaire par alliance au XIXe siècle. |
| Marie de Pastoret - Dernière héritière du Plessis-Bellière |
Lègue l’hôtel au pape Léon XIII. |
| Louis Robert Lebaudy - Acheteur en 1901 |
Cède l’hôtel à l’Automobile Club. |
Origine et histoire
L’hôtel du Plessis-Bellière, aussi appelé hôtel Pastoret, est un hôtel particulier situé au no 6 de la place de la Concorde dans le 8e arrondissement de Paris. Il fait partie, avec l’hôtel Cartier mitoyen, de l’Automobile Club de France depuis 1901. Sa construction s’inscrit dans le projet urbain de Louis XV, qui confia à l’architecte Jacques-Ange Gabriel la réalisation de deux façades symétriques encadrant la rue Royale. La façade occidentale, initialement prévue pour abriter l’hôtel de la Monnaie, fut finalement divisée en quatre lots attribués à des particuliers, dont celui du no 6.
L’hôtel du Plessis-Bellière fut édifié en 1776 pour David-Étienne Rouillé de l’Étang, trésorier-général des deniers de la Police et conseiller-secrétaire du roi. L’architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux conçut l’hôtel, derrière la colonnade de Gabriel, pour Rouillé de l’Étang et sa mère, Marguerite Perrinet. Ce dernier, anobli par l’achat d’une charge royale en 1765, devint plus tard chevalier de l’Empire sous Napoléon. À sa mort en 1811, l’hôtel passa à sa nièce, Adélaïde Anne Louise Piscatory de Vaufreland, épouse d’Emmanuel Pastoret, chancelier de France sous la Restauration.
Au XIXe siècle, l’hôtel changea plusieurs fois de mains au sein de la famille Pastoret, puis des marquis du Plessis-Bellière par alliance. En 1890, la dernière héritière, Marie de Pastoret, marquise du Plessis-Bellière, légua l’hôtel au pape Léon XIII pour en faire la nonciature apostolique. Ce testament, contesté par sa famille et l’État, entraîna une série de ventes aux enchères en 1897 et 1898, dispersant le décor originel. La façade, seule partie classée monument historique depuis 1923, fut préservée.
Depuis 1901, l’hôtel appartient à l’Automobile Club de France, qui l’occupe avec l’hôtel Cartier adjacent. Une réplique architecturale de ces bâtiments, incluant celle de l’hôtel du Plessis-Bellière, fut construite à Philadelphie par Horace Trumbauer et Julian Abele. Elle abrite aujourd’hui la Free Library of Philadelphia, témoignant de l’influence durable de ce modèle néo-classique français.
L’hôtel illustre l’évolution des hôtels particuliers parisiens, passant de résidences aristocratiques du XVIIIe siècle à des usages institutionnels ou culturels. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques et sociaux de la Révolution à la Troisième République, marqués par des changements de propriété et des conflits successoraux.
Devenir actuel
L'hôtel est, avec l'hôtel Cartier, le siège de l'Automobile Club de France.