Origine et histoire de l'Hôtel du Tambour
L’hôtel du Tambour, situé au 27 boulevard Magenta à Fontainebleau, est un hôtel particulier dont l’origine remonte au XVIIe siècle. Son nom actuel provient du tambour « posé de roule » qui couronne son portail principal, une porte rustique du XVIe siècle selon l’historien Pierre Chabat. Ce portail, caractérisé par deux colonnes encadrant une arcade en plein cintre et surmonté d’un fronton brisé, abrite un médaillon circulaire central. L’édifice a porté plusieurs noms au fil des siècles, dont hôtel de Montpensier, hôtel de La Roche-sur-Yon et hôtel de Conty, reflétant ses changements de propriétaires et d’usages.
Le domaine s’étend sur des terrains autrefois rattachés à d’autres hôtels prestigieux, comme ceux de Luynes et de La Rochefoucauld, dont les entrées donnaient sur l’ancienne rue Saint-Louis (aujourd’hui disparue). Un terrain adjacent, autrefois ceint de fossés sous Henri II pour y installer un jeu de balles, fut donné par Charles IX au prince de La Roche-sur-Yon. Au XVIIIe siècle, le site abritait les écuries de la Dauphine (1746), puis celles de Madame, avec une capacité de 108 chevaux répartis en deux bâtiments. En 1896, de nouvelles écuries y furent reconstruites, marquant une continuité dans sa vocation équestre.
Au début du XXe siècle, l’hôtel devint la propriété d’Edmond Fouret, puis de son père René Fouret, directeur de la librairie Hachette. Ce dernier entreprit d’importants travaux d’agrandissement en 1907, intégrant l’emplacement de l’ancienne maison d’Auguste Barbier. La même année, une tentative de vol des plaques de plomb ornant le portail fut déjouée par les gendarmes. À l’issue des rénovations, René Fouret fit graver l’inscription « HOTEL DV TAMBOVR » sur un cartouche, officialisant son nom actuel. La porte du Tambour fut finalement inscrite aux monuments historiques par arrêté du 28 mai 1926, en tant que propriété privée.
L’hôtel illustre ainsi l’évolution architecturale et fonctionnelle des hôtels particuliers en Île-de-France, passant de résidence aristocratique à un usage plus utilitaire (écuries), avant de devenir un patrimoine protégé. Son portail, élément emblématique, témoigne du savoir-faire artistique des XVIe et XVIIe siècles, tandis que son histoire reflète les mutations sociales et urbaines de Fontainebleau, ville marquée par la présence royale et une bourgeoisie montante.