Origine et histoire
L’hôtel Dubuisson de Douzon, situé au 3 rue de Paris à Moulins (Allier), est un hôtel particulier dont les origines remontent au XVIIe siècle, bien que sa structure actuelle date principalement du XVIIIe siècle. Il se distingue par son organisation autour de deux cours : une cour d’honneur et une cour secondaire, ainsi que par une façade caractéristique du milieu du XVIIIe siècle, ornée de douze portes-fenêtres à balcons en ferronnerie portant le chiffre DD (Dubuisson de Douzon). La cour intérieure, plus ancienne, présente un rare appareil losangé de briques noires et rouges, typique du Bourbonnais, et abrite une fontaine-vivier unique en son genre, utilisée autrefois pour conserver le poisson vivant.
À l’intérieur, l’hôtel conserve des éléments remarquables comme des parquets Versailles, un boudoir décoré de stucs et de papiers peints style Louis XVI et Directoire, ainsi qu’un grand salon entièrement orné de stucs (coupoles, bas-reliefs, dessus-de-porte) reflétés par des glaces. Trois escaliers d’époques différentes (Louis XV et deux Louis XVI) desservent les étages. L’ensemble illustre l’évolution architecturale et décorative entre les XVIIe et XVIIIe siècles, mêlant héritage médiéval et raffinement classique.
L’hôtel appartenait initialement à la famille de Lingendes, aristocrates bourbonnais, avant d’être acquis au milieu du XVIIIe siècle par Denis du Buisson, comte de Douzon. Ce dernier, gouverneur de Moulins en 1775 et député de la noblesse aux États généraux de 1789, y apporta d’importants aménagements avant d’être guillotiné en 1793 pour ses positions contre-révolutionnaires. Aujourd’hui divisé en copropriété, l’hôtel est partiellement classé et inscrit aux monuments historiques depuis 2000, protégeant ses décors intérieurs, ses escaliers, et son grand salon.
La protection officielle, intervenue par arrêtés des 10 août et 6 décembre 2000, couvre l’intégralité de l’hôtel (cours, fontaine, escaliers, appartements avec leurs boiseries, stucs et peintures), ainsi que le grand salon de compagnie, classé pour son exceptionnelle décoration. Ce monument témoigne à la fois du faste de l’aristocratie bourbonnaise et des bouleversements de la Révolution française, tout en offrant un exemple rare d’architecture civile préservée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.