Origine et histoire de l'Hôtel Fontfreyde
L'hôtel Fontfreyde est un monument emblématique de Clermont-Ferrand, situé rue des Gras, dont les origines remontent partiellement au XVIe siècle. Classé monument historique depuis 1912, il se distingue par son architecture Renaissance, avec deux corps de logis reliés par un escalier en vis surmonté d'une tourelle. Ses façades, typiques de la seconde moitié du XVIe siècle, présentent des pilastres d'ordres dorique, ionique et corinthien, ainsi que des lucarnes ornées. Depuis 2010, il abrite un centre photographique dédié à la diffusion d'œuvres contemporaines et à la production de résidences artistiques.
L'édifice a été construit sur les fondations d'un bâtiment médiéval, comme l'attestent des fouilles archéologiques ayant révélé des niveaux d'occupation antique (Ier-IIe siècles) et une cave du XIIIe siècle. Au XVIe siècle, Gabriel de Fontfreyde, marchand clermontois, acquiert et reconstruit l'hôtel, y apposant ses armes et celles de son épouse. Son fils, Jean de Fontfreyde, modifie l'escalier et la charpente, ajoutant des blasons familiaux. Les transformations se poursuivent aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment sous les familles Dumas de Labro et Rongier.
L'hôtel Fontfreyde a connu diverses vocations : résidence privée, musée d'histoire locale (1921-1989), puis lieu d'expositions temporaires avant de devenir un centre photographique en 2010. La ville de Clermont-Ferrand, propriétaire depuis 1912, y développe une programmation artistique axée sur la photographie contemporaine, incluant des expositions monographiques, des résidences d'artistes et des actions de médiation. Le lieu participe activement à la vie culturelle locale, notamment à travers le Festival Nicéphore +.
Les fouilles archéologiques de 2001 ont confirmé l'existence d'un bâtiment dès la fin du Moyen Âge, organisé autour d'une cour intérieure avec puits et escaliers. La rue des Gras, sur laquelle donne l'hôtel, était un axe majeur de la cité médiévale, exhaussé de quatre mètres au XVe siècle. Les gradins originels, détruits en 1796, témoignent de l'évolution urbaine de Clermont-Ferrand. L'architecture de l'hôtel reflète cette stratification historique, mêlant éléments Renaissance et modifications ultérieures.
Au XVIIIe siècle, l'hôtel passe entre les mains de plusieurs familles bourgeoises, dont les Dumas de Labro et les Rongier, avant d'être acquis par la ville en 1912. Des restaurations majeures sont entreprises dans les années 1920 sous la direction de l'architecte Gabriel Ruprich-Robert, préservant les éléments Renaissance tout en adaptant le bâtiment à sa nouvelle fonction muséale. Les vitraux d'Adrien Baratte, ajoutés en 1934, retracent l'histoire de l'hôtel à travers les blasons des familles propriétaires et des armes de la ville.
Depuis 2004, l'hôtel Fontfreyde accueille des photographes en résidence, contribuant à constituer un fonds visuel contemporain de Clermont-Ferrand. Parmi les artistes invités figurent Charles Fréger, Éric Baudelaire, ou encore Stéphanie Lacombe. Le centre édite régulièrement des catalogues et organise des rencontres avec les publics, renforçant son rôle de lieu de création et de diffusion artistique dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.