Frise chronologique
1719
Fondation de la Compagnie des Indes
Fondation de la Compagnie des Indes
1719 (≈ 1719)
John Law crée la Compagnie perpétuelle.
1732
Transfert des ventes à Lorient
Transfert des ventes à Lorient
1732 (≈ 1732)
Déménagement depuis Nantes décidé.
1er septembre 1733
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1er septembre 1733 (≈ 1733)
Début des travaux des pavillons.
1742
Achèvement des pavillons
Achèvement des pavillons
1742 (≈ 1742)
Ouverture aux ventes commerciales.
1769
Dissolution de la Compagnie
Dissolution de la Compagnie
1769 (≈ 1769)
Fin du monopole commercial.
28 avril 1770
Cession à la Marine royale
Cession à la Marine royale
28 avril 1770 (≈ 1770)
Les pavillons deviennent siège militaire.
1943
Destruction pendant la guerre
Destruction pendant la guerre
1943 (≈ 1943)
Bombardements allemands et alliés.
1956-1959
Reconstruction à l’identique
Reconstruction à l’identique
1956-1959 (≈ 1958)
Restauration post-Seconde Guerre mondiale.
2000
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
2000 (≈ 2000)
Début de la vocation patrimoniale.
2008
Installation des archives municipales
Installation des archives municipales
2008 (≈ 2008)
Ouverture au public et services culturels.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les toitures et façades des deux pavillons situés à droite et à gauche de la grille d'entrée ; la salle du Conseil (cad. BP 2) : classement par arrêté du 22 septembre 1930
Personnages clés
| Jacques Gabriel - Architecte |
Concepteur des pavillons pour la Compagnie. |
| John Law de Lauriston - Fondateur de la Compagnie |
Initiateur du projet commercial à Lorient. |
| Louis de Saint-Pierre - Collaborateur de Gabriel |
Repérages et suivi du chantier. |
Origine et histoire
L’hôtel Gabriel est un ensemble architectural du XVIIIe siècle situé dans l’Enclos du port de Lorient, conçu par Jacques Gabriel pour la Compagnie perpétuelle des Indes. Commandé comme siège des ventes de marchandises, il se compose de deux pavillons symétriques encadrant une cour d’honneur, prolongés par un jardin à la française. Les bâtiments, détruits durant la Seconde Guerre mondiale, furent reconstruits à l’identique entre 1956 et 1959, préservant leur style classique et leur plan d’origine.
La Compagnie des Indes, fondée en 1719 par John Law, choisit Lorient comme base opérationnelle, nécessitant des infrastructures adaptées. Dès 1732, le transfert des ventes de Nantes à Lorient impose la construction de nouveaux magasins. Jacques Gabriel, architecte renommé ayant travaillé à Versailles, propose plusieurs projets avant qu’un modèle sobre ne soit retenu en 1733. La première pierre est posée en septembre 1733, mais des contraintes budgétaires réduisent l’ambition initiale, limitant la construction aux deux pavillons actuels, achevés en 1742.
Les pavillons, utilisés pour des ventes annuelles atteignant 25 millions de livres tournois, perdent leur fonction commerciale avec la dissolution de la Compagnie en 1769. Récupérés par la Marine royale en 1770, ils abritent l’état-major pendant près de deux siècles, servant notamment de siège à la préfecture maritime à partir de 1808. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands en font un poste de commandement, provoquant leur destruction en 1943. Restaurés entre 1956 et 1959, ils accueillent ensuite la Marine nationale jusqu’en 2000.
Depuis 2008, la ville de Lorient y a installé ses services d’archives municipales et d’animation du patrimoine. Le rez-de-chaussée de l’aile ouest, ouvert au public, propose des espaces d’exposition, de documentation et d’ateliers, tandis que la galerie Le Lieu s’y ajoute en 2014. L’hôtel Gabriel, classé monument historique en 1930, reste un symbole de l’histoire maritime et commerciale de Lorient, tout en jouant un rôle culturel contemporain, notamment lors du Festival interceltique.
L’architecture des pavillons, typique du style Louis XV, se distingue par des façades en granit et calcaire, ornées de mascarons représentant Athéna (déesse de la guerre et des artisans) et Hermès (dieu du commerce). Les intérieurs, remaniés après-guerre, conservent des éléments comme les boiseries du cabinet de l’amiral. Le jardin à la française, structuré par des parterres géométriques et une pièce d’eau centrale, complète cet ensemble monumental, aujourd’hui propriété de la commune.